13 mars 2019

Blanc sans Fin par Yayoi Kusama

Yayoi Kusama arrive à New York City en juin 1958, apportant avec elles ses obsessions et ses délires hallucinogènes. Elle n'est rien d'autre qu'un petit point insignifiant dans l'infini de l'humanité mais elle aimerait bien que ce point devienne très visible.

En 1959 elle couvre ses toiles avec un réseau de points de peinture blanche régulièrement espacés, dans un geste minimaliste qu'elle reproduit sans autre modification que des variations d'épaisseur.

Ce travail n'est jamais terminé. Elle est capable de l'effectuer sans s'arrêter pendant quarante ou cinquante heures, assouvissant son corps et son subconscient dans cette tâche répétitive. Chacun de ces points identiques a été à un moment donné le résultat de sa création. Quand une toile est entièrement couverte de sa prolifération blanche, elle en commence une autre qui pourra être vue dans son prolongement.

Elle atteint son but d'étonner le milieu artistique New Yorkais. Son art est l'opposé de toutes les tendances : il n'offre pas l'effet global de l'expressionnisme abstrait, ni l'amplitude gestuelle de l'action painting, ni la nouvelle figuration du pop art. Son blanc monochrome n'est pas un signe de pureté mais une provocation. Donald Judd est émerveillé.

No. 2, 183 x 274 cm, qui a appartenu à Judd, a été vendu pour $ 5,8M incluant premium par Christie's le 12 novembre 2008. Interminable net # 3, 133 x 125 cm, a été vendu pour $ 5,9M incluant premium par Sotheby's le 12 mai 2015. Interminable net # 4, 144 x 109 cm, est estimé HK$ 50M à vendre par Sotheby's à Hong Kong le 1er avril, lot 1144.

L'acte créatif est une thérapie temporaire qui ne résout pas sa hantise du sexe. Voulant y faire face comme avait fait Dali trente ans auparavant, elle terminera sa période New Yorkaise dans l'exhibitionnisme et la pornographie.