6 mai 2019

Agglomération

L'agglomération de Los Angeles est gigantesque. Mark Bradford y est né. Il est Afro-Américain. Son art exprime la ville dans toute sa complexité, du sordide au sublime, sans omettre une revendication sociale.

En bas de cette échelle, la ville est définie par ses détritus de papiers colorés que l'artiste collecte, colle et décolle. Ses immenses surfaces sont une suite de détails minuscules, incorporant parfois des images. Il est impossible de tout voir en une seule inspection. Vue de loin, l'oeuvre apparait comme un quartier sans fin vu du ciel, avec ses rues enchevêtrées.

Helter Skelter est une suite de deux opus préparés en 2007 pour une exposition à New York en 2008. Malgré leur dimension considérable, 366 x 1036 cm pour Helter Skelter I et 376 x 1107 cm pour Helter Skelter II, ils ont été exposés côte à côte.

Bradford n'omet pas la dimension sordide de sa ville. Le titre, Helter Skelter, avait été la profession de foi politico-raciale de Charles Manson, l'abominable criminel de masse blanc qui s'auto-proclamait le roi des nègres. C'est volontaire : une oeuvre précédente avait été intitulée Scorched Earth.

Helter Skelter I a été vendu pour £ 8,7M incluant premium par Phillips le 8 mars 2018 et fait désormais partie de la collection permanente du Broad Museum à Los Angeles.

Helter Skelter II est estimé $ 8M à vendre par Phillips à New York le 16 mai, lot 24. Une des illustrations du catalogue permet de dérouler l'image, révélant la complexité du langage artistique à la fois figuratif et abstrait de Mark Bradford.