1 mai 2019

Balcons à Paris

Paris est complètement transformé pendant le Second Empire. Pour des raisons de sécurité, Napoléon III confie à Haussmann la tâche gigantesque de débarrasser la ville de son réseau de rues insalubres. Haussmann tranche dans le tissue urbain pour créer des avenues larges et droites, bordées de hauts immeubles sur un modèle unique, avec de grands balcons.

Né à Paris en 1848, Gustave Caillebotte a connu et apprécié ce bouleversement. En 1875 le jeune artiste devient impressionniste par rancoeur du rejet par le Salon d'une peinture trop sociale. Il a de l'imagination pour trouver des thèmes inédits.

L'autre merveille du temps est le chemin de fer. En 1876 Caillebotte peint une vue du pont de l'Europe, un très long viaduc ferroviaire qui mène à la gare Saint-Lazare. Monet connaît bien cette gare, terminus de la ligne qui le mène à Argenteuil. Est-il soudain inspiré par le modernisme ou craint-il d'être débordé par un concurrent ? Il consacre l'hiver 1877 à sa série de peintures de la même gare.

La capitale connaît aussi des transformations culturelles. Inauguré en 1875, l'immense Opéra de Paris devient le symbole de la riche bourgeoisie à laquelle appartient la famille Caillebotte.

Le 14 mai à New York, Sotheby's vend La Rue Halévy vue du sixième étage, huile sur toile 60 x 73 cm peinte par Caillebotte en 1878, lot 17 estimé $ 6M. L'image ci-dessous, partagée par Wikimedia, a été extraite d'un livre d'art.

Aussi large qu'un boulevard, la rue Halévy mène du boulevard Haussmann vers l'Opéra qui est visible au-delà des immeubles Haussmanniens. Cette perspective aérienne est hardie pour son temps. La rue est agréablement clairsemée de piétons et de calèches.

Caillebotte aime décidément beaucoup ce quartier. Après la mort de leur mère qui survient la même année, Gustave et son frère Martial emménagent au 3ème étage du 31 boulevard Haussmann, à moins de 200 mètres de la position de la vue précédente. Leur balcon surplombant le boulevard est le thème de plusieurs peintures en 1880 et 1881.

Gustave Caillebotte - Rue Halévy, vue d'un sixième étage