12 mai 2019

Euphorie avec les Pastèques

Rufino Tamayo préfère les recherches formelles aux peintures narratives de ses contemporains Mexicains. Il met en pratique une théorie originale selon laquelle les variations autour d'une couleur unique sont plus expressives qu'une large gamme de couleurs.

La tranche de pastèque est pendant toute sa longue carrière le thème favori de ses natures mortes. La chair variant du rose au rouge est bordée de l'arc blanc de la peau. En tant que fruit non coupé et en tant qu'aliment, la pastèque ne l'intéresse pas.

Le 14 mai à New York, Sotheby's vend Sandias, huile et poussière de marbre sur toile 124 x 181 cm peinte en 1980, lot 45 estimé $ 4M.

Cette oeuvre a été réalisée par Tamayo pour son usage personnel : elle est restée accrochée dans sa salle à manger jusqu'en 1989. Peinte alors qu'il venait d'avoir 80 ans, elle apparait un peu comme un testament artistique.

Huit tranches de pastèques sont inégalement arrangées sur une surface abstraite aux riches couleurs qui varient du mauve au violet avec plusieurs nuances de roses. Leur plan de pose est peut-être le plateau d'une coupe ou d'un guéridon, dans une perspective basculante qui évoque Cézanne via Matisse.

Une oeuvre intitulée Ofrenda de frutas peinte en 1987 dans la même technique, 140 x 175 cm, fournit sans doute la clé de l'effet euphorisant des tranches de pastèque sur Tamayo. Un personnage jovial porte un assortiment de fruits exotiques dans le fond d'un drap blanc. Le drap ainsi garni prend la forme d'une tranche de pastèque ou du sourire hilarant d'un clown. Cette peinture a été vendue pour $ 4,2M incluant premium par Sotheby's le 25 novembre 2014.