22 mai 2019

La Lune Baoulé

Les nombreuses célébrations festives de l'ethnie Baoulé de Côte d'Ivoire ont donné lieu à la création de masques d'une grande variété, utilisés dans les danses et les processions. Ces masques ont considérablement influencé l'art Européen. En 1926 Man Ray juxtapose un masque noir avec le visage blanc de Kiki. En 1937 un masque de buffle inspire à Picasso le style graphique de Guernica.

Les Baoulé ont ainsi des masques rituels pour les cérémonies mystiques interdites aux femmes, des masques spécifiques pour les cérémonies funéraires et d'autres masques pour les processions de réjouissances.

Les processions sont ouvertes par le Soleil et la Lune, qui n'ont pas de signification mystique dans cette circonstance. Ils sont suivis par les masques d'animaux et d'humains. Les masques astraux sont des cercles parfaits qui peuvent être entourés d'une frise dentelée. Leur qualité artistique est variable.

Le 18 juin à Paris, Sotheby's vend au lot 23 un superbe masque-lune Baoulé, resté brillant après son polissage par une feuille abrasive. Pour conserver un aspect humain sans oblitérer la représentation astrale, le visage est réduit à ses caractéristiques essentielles dominées par un vaste front. Le contour du masque inclut une chevelure tressée ainsi qu'un ornement de trois triangles ajourés.

Ce masque n'a pas de frise dentelée, probablement cassée après usage. Le catalogue suppose que cette absence l'a rendu inutilisable et que la tribu a accepté pour cette raison de le céder à un explorateur.