26 juin 2019

Portrait d'un Pharaon

Le 4 juillet à Londres, Christie's vend au lot 110 une figure fragmentaire en quartzite brune de 28 cm de haut. Cette tête est coiffée de la double couronne qui est un attribut du principal dieu, Amon, qui est l'équivalent du futur Zeus des Grecs. Le communiqué de presse du 3 juin annonce une estimation au-delà de £ 4M.

Un jeune homme avec un tel attribut est forcément un pharaon régnant. Amon est un dieu multiple qui n'a pas de figuration personnelle. Le pharaon est son incarnation.

Le roi hérétique Akhenaton avait remplacé le culte d'Amon par celui du cercle solaire Aton, certainement pour des raisons politiques. Il échappait ainsi à l'emprise des prêtres Thébains. Il avait établi sa capitale en plein désert, sur un site dont le nom Arabe sera Amarna. Cette révolution religieuse s'est accompagnée d'une révolution artistique. Les artistes Amarniens ont pour la première fois cherché une représentation naturaliste. Nefertiti était une femme d'Akhenaton.

La tête à vendre est ciselée avec réalisme, attestant de la période post-Amarnienne. Le seul candidat est Toutankhamon, le fils d'Akhenaton, revenu au culte d'Amon dans la troisième année de son règne vers 1330 BCE par une transition d'évènements peu documentés qui ressemble à un immense désordre. Les deux derniers pharaons de sa XVIIIème dynastie sont des dignitaires âgés, Ay et Horemheb. La XIXème dynastie, celle des premiers Ramses, apporte un style différent.

Par chance, l'effigie de Toutankhamon est particulièrement bien connue. La tête en quartzite est reconnaissable par la dépression maladive entre les yeux et les sourcils et par la faiblesse de la lèvre inférieure, résultant de la consanguinité de ses parents.