28 juin 2019

Wet in Wet par Turner

Dès ses débuts, Turner avait bien compris que l'aquarelle pouvait apporter des effets comparables à l'huile, et même meilleurs pour les levers et couchers du soleil. Il sera tout au long de sa vie le plus grand expérimentateur de cette technique.

Il a des prédécesseurs et des amis. L'utilisation d'un vernis stoppeur pour limiter l'expansion d'une couleur a été utilisée avant lui. Girtin obtient l'atmosphère et la lumière par des lavis réalisés sur des grandes surfaces. Cozens adapte à l'aquarelle les techniques de l'huile pour obtenir des clair-obscur spectaculaires.

Le grand apport de Turner à l'art de l'aquarelle est son utilisation quasiment systématique du wet in wet autour de 1815. La couleur diluée sur un papier préalablement mouillé permet de préparer facilement le fond de l'image, offrant par de simples mouvements du papier et du pinceau les couleurs progressives qui feront la beauté de l'oeuvre finale. Après le séchage, il restera bien sûr à dessiner et colorer les figures qui animent la scène. Cette technique permet de réaliser des aquarelles de très grand format.

Par contre son ambition de concilier l'extrême subtilité des contrastes avec les techniques de l'impression a certainement déconcerté ses éditeurs les plus bienveillants.

Le 3 juillet à Londres, Sotheby's vend une aquarelle 43 x 65 cm peinte en 1822, lot 417 estimé £ 800K. Je vous invite à regarder la vidéo partagée par la maison de ventes.

Cette vue de Margate au lever du soleil montre une forte animation de pêcheurs dans le goût des scènes anglaises de l'artiste. Elle était conçue comme un élément d'une série de Vues de Marines qui n'a pas été publiée suite à un désaccord entre Turner et son éditeur. Une mezzotinte de cette image spécifique de Margate avait cependant été réalisée en 1825.