21 juil. 2019

Alfa Romeo arrête la Compétition

Après la guerre, la production redémarre en Italie. Alfa Romeo cherche à redéfinir son catalogue. Par chance, ils ont un modèle de voiturette d'avant-guerre qui convient parfaitement aux règles de la toute nouvelle Formule 1, avec un moteur de 1,5 litres.

Les deux premières éditions de la Formule 1, 1950 et 1951, sont un triomphe pour Alfa Romeo. Le constructeur ne parvient cependant pas à obtenir une aide financière du gouvernement Italien pour de nouveaux développements et arrête la Formule 1 après la saison 1951.

Pour les compétitions d'endurance, Alfa Romeo prépare en 1952 environ huit prototypes qui réutilisent les composants d'un saloon car dont le projet avait été abandonné en 1948. Le saloon était nommé 6C 3000 pour son moteur de 3 litres à 6 cylindres en ligne. Le nouveau modèle est le 6C 3000 CM, où CM (Competizione Maggiorata) est relatif à l'accroissement du déplacement à 3,5 litres.

Les premiers résultats sont convaincants pour la vitesse mais pas pour l'endurance, malgré la participation de Fangio. Alfa Romeo qui développe alors la Giulietta ne veut pas disperser ses efforts et met fin après la saison 1953 à sa participation aux compétitions pour toutes ses variantes de modèles. Les 6C 3000 CM sont séparées.

Deux d'entre elles sont utilisées pour des développements. L'une d'elles, restée chez Alfa Romeo, est équipée de freins à disque en 1955. L'autre est utilisée comme show car par Pinin Farina.

Construite en 1953, la 6C 3000 CM confiée à Pinin Farina avait été à l'origine une berlinette carrossée par Colli. Elle est transformée quatre fois par Pinin Farina : pour les salons de Turin et Paris en 1956 et de Genève en 1959 et 1960.

Restaurée après 2006 dans sa configuration Superflow IV de 1960, cette voiture apparaît comme l'ultime contribution d'Alfa Romeo à la compétition. Elle est estimée $ 6M à vendre par Gooding à Pebble Beach le 17 août, lot 135. Voici le lien vers le communiqué de presse. Je vous invite à regarder la video partagée par la maison de ventes.

Le Y et la Couture

Surnommé The Iron Horse pour son endurance, Lou Gehrig fait toute sa carrière avec les New York Yankees. Il n'a pas manqué un seul match de juin 1925 à avril 1939. Au côté de son exubérant coéquipier Babe Ruth, le tranquille colosse incarne l'enthousiasme du jeu.

La retraite de Babe Ruth en 1935 renforce l'attention du public sur Lou Gehrig. En 1936 Lou participe même à un casting pour remplacer Johnny Weissmuller dans le rôle de Tarzan l'Homme Singe. Sur le terrain 1936 et 1937 sont de très bonnes années, avec deux victoires consécutives des Yankees dans la World Series.

A cette période les joueurs utilisent généralement deux home jerseys et deux road jerseys par an. Après la saison il était d'usage de donner les uniformes à un club d'entraînement de jeunes joueurs où il était modifié selon les besoins.

Un maillot porté par Lou Gehrig en 1937 et modifié ultérieurement par un farm club a été vendu pour $ 870K incluant premium par Heritage le 19 août 2017. Son faible grade A6.5 par MEARS était compensé par son intérêt historique : il était matché avec la photo utilisée comme modèle pour le monument de Gehrig à Yankee Stadium Monument Park.

En juin 2018 SCP annonçait avoir réalisé la vente privée d'un road jersey de Lou Gehrig photo-matché avec deux matches joués en août 1937. Echappant aux nursery clubs, il avait été donné à un ami par George Weiss, general manager des Yankees, et avait été conservé par la famille. Le prix n'a pas été divulgué.

Le matching a été effectué par Resolution Photomatching, considérant que l'alignement du Y de YORK par rapport à la couture et aux boutons est différente pour chaque maillot.

Le même maillot est estimé $ 2M à vendre par Heritage à Dallas le 17 août, lot 56059. Une photo démontrant le photo-matching dans le communiqué de presse préparé en 2018 par Resolution Photomatching fait partie des documents attachés au catalogue de Heritage et la provenance remonte également à George Weiss. Il est gradé A9 par MEARS et Excellent par SGC, signifiant que les seules modifications par rapport au modèle de Spalding répondent aux habitudes connues du joueur.

20 juil. 2019

Niki Lauda dans la Scuderia

Malgré ses sensationnels succès dans la production des voitures de sport, la piste reste l'objectif principal d'Enzo Ferrari. Pourtant, après la victoire de John Surtees en 1964, le championnat du monde des pilotes et des constructeurs de Formule 1 échappe de façon durable à la Scuderia.

Les raisons de ces échecs sont multiples : difficultés de financement, mauvais choix de pilotes, difficulté de mettre au point un moteur pour concurrencer le Ford Cosworth. En 1969 40 % de Ferrari est cédé au groupe FIAT.

Agnelli s'impatiente. En 1973 il force Enzo Ferrari à partager ses décisions avec un jeune manager, Luca di Montezemolo, qui répare quelques bévues. Mauro Forghieri retrouve sa position de directeur technique. Revenu dans la Scuderia, Clay Regazzoni y fait embaucher Niki Lauda en 1974.

Forghieri avait conçu en 1971 la Ferrari 312B. En 1975 son évolution 312T rend enfin la suprématie à la Scuderia, grâce à une boîte de vitesses transversale qui améliore la répartition des masses. Les deux 312T pilotées cette année-là par Lauda et Regazzoni dans les Grands Prix accumulent les poles positions et les victoires. Ferrari et Lauda sont champions du monde. Trois autres voitures sont construites.

Comme beaucoup de modèles de cette période, la 312T est éphémère. Obsolète en 1976 après un changement du règlement interdisant la spectaculaire boîte à air derrière le cockpit, elle est remplacée par la 312T2.

Le 16 août à Pebble Beach, Gooding vend une 312T utilisée par Lauda en 1975. Elle a commencé sa carrière en gagnant le Trophée de Silverstone, qui n'est pas compté dans le championnat du monde. Qualifiée cinq fois en pole position dans les Grands Prix du championnat, elle a gagné le Grand Prix de France.

Cette voiture est estimée $ 6M, lot 031. Voici le lien vers le communiqué de presse. Je vous invite à regarder la video partagée par la maison de ventes.


19 juil. 2019

George V par la Grâce de Dieu

Jusqu'en 1907 les pièces Canadiennes étaient frappées à Birmingham. Cette activité est recentrée à Ottawa en 1908. La plus forte dénomination autorisée, qui était 50 cents depuis 1870, devient 1 dollar par le Canadian Currency Act de 1910.

Le roi Edward VII meurt en mai 1910. Les premiers dollars Canadiens d'argent seront donc à la date de 1911 avec l'identification et le portrait de son successeur George V. L'outillage et les matrices sont préparées à Londres. La Royal Mint fabrique aussi un très petit nombre de specimens, non documentés. Une pièce de démonstration en plomb et deux pièces en argent ont survécu.

L'introduction de cette nouvelle dénomination n'intéresse décidément pas les Canadiens. Le premier dollar d'argent mis en circulation, complètement différent, sera une pièce commémorative éditée en 1935. L'exemplaire promotionnel en plomb est découvert en 1977 dans les locaux du Department of Finance, intouché dans son colis d'origine.

Le plus ancien exemplaire connu du dollar d'argent a été trouvé par un marchand en 1960, peut-être en provenance de la famille du Mint Master de Londres. Gradé SP 65 par PCGS, il a été vendu pour $ 690K incluant premium par Heritage le 13 janvier 2003. Maintenant gradé SP 64, également par PCGS, il est estimé $ 500K à vendre par Heritage à Chicago le 15 août, lot 31339.

L'exemplaire à vendre est le seul en mains privées. L'autre dollar d'argent a été identifié par le même astucieux marchand dans les collections du Royal Mint Museum à Londres. Il a été transféré en prêt permanent à la National Currency Collection à Ottawa.

Les autres dénominations Canadiennes de 1911 présentent une curiosité : la qualification Dei Gra pour Dei Gratia du titre du roi est volontairement omise. Les dollars sont les seules pièces qui ont échappé à cette initiative, puisqu'elles ont été préparées à Londres pour le transfert de savoir-faire. Cette éviction de Dieu ne plait pas au public : Dei Gra reviendra l'année suivante sur les monnaies Canadiennes.

Voitures Européennes à Indy

Etablie à Milan, la société Isotta Fraschini propose une très large gamme de voitures, avec des solutions innovantes. La participation aux compétitions apporte un prestige à la marque à partir de 1905 en Italie et dès 1908 en Amérique.

Le Tipo KM est révélé en 1910. Avec son moteur de 10,6 litres, elle est une des plus puissantes voitures de son temps, développant 120 hp à 1600 rpm avec une transmission à chaînes. Elle est aussi la toute première à utiliser un système de freinage des quatre roues. 50 Tipo KM sont construites. 3 survivent. Un exemple de 1913 carrossé en Torpedo Tourer quatre places a été vendu pour $ 1,5M incluant premium par Bonhams le 15 août 2008.

La course des 500 miles d'Indianapolis a été créée en 1911. Ses primes très élevées allèchent les constructeurs et les pilotes. En 1913 Isotta Fraschini décide de participer. La KM ne répond pas aux règles limitant le volume dans cette compétition et la TM avec son moteur de 6,2 litres n'est pas optimisée. La marque développe le Tipo IM avec un moteur de 7,2 litres, développant 135 hp à 2350 rpm.

Six IM sont construites. Trois d'entre elles sont prêtes juste à temps pour Indy. Leur mise au point avait été perturbée par une grève à l'usine et elles sont toutes arrêtées en course par des problèmes mécaniques.

Une de ces trois voitures est modifiée pour renforcer le réservoir défaillant, sans quitter l'Amérique. Sa participation à Indy 1914 est terminée par un tête à queue au cours duquel elle éjecte le pilote Ray Gilhooley et son navigateur sans les blesser avant d'atterrir sur ses quatre roues. Cette figure de haute voltige est désormais appelée un gilhooley.

Son premier propriétaire privé meurt d'une pneumonie à l'âge de 20 ans. La voiture est enfermée au garage pendant quarante ans par les parents inconsolables. Elle a ensuite conservé grâce à une restauration intelligente un très bon état original de sa configuration de 1914 incluant le cadre, le moteur, la boîte de vitesses et une grande partie de la carrosserie.

Elle est estimée $ 3M à vendre par Gooding à Pebble Beach le 16 août, lot 026. Voici le lien vers le communiqué de presse. Son spectaculaire état de fonctionnement est démontré sur la video partagée par la maison de ventes. Une seule autre Tipo IM a survécu.

18 juil. 2019

Un Point pour l'Ancien Roi

L'abdication d'Edward VIII, le 11 décembre 1936, arrive au plus mauvais moment pour le calendrier monétaire : la British Royal Mint avait déjà commencé à préparer les matrices pour les monnaies 1937 à son effigie.

Les stocks de trois pièces Canadiennes sont presque épuisés. Pour ces 1 cent, 10 cents et 25 cents, il est bien sûr impossible d'utiliser le nom et l'effigie du roi démissionnaire, et la disponibilité des matrices identifiant son successeur n'est pas encore programmée.

Pour ces trois dénominations, la Royal Canadian Mint prépare les premières matrices destinées à la production 1937 en réutilisant le design de 1936 au nom et à l'effigie du feu roi George V. La date de 1936 est également conservée : le millésime 1937 ne peut pas convenir pour ce roi mort en janvier 1936. La nouvelle pièce est seulement différenciée de la vraie pièce 1936 par un minuscule point sous la date.

L'usine Canadienne produit un très petit nombre de specimens incluant les trois pièces pointées et les trois dénominations non modifiées, 5 cents, 50 cents et 1 dollar. Une petite production pour une circulation urgente est réalisée pour la 25 cents pointée. Les 1 cent et 10 cents pointés ne seront pas émis.

Un employé de la Royal Canadian Mint avait conservé un ensemble complet de ces specimens. Acquis ensemble en 1954 par un collectionneur, ils sont séparés dans une vente par Heritage en janvier 2003.

Ce groupe incluait la meilleure des trois pièces connues du George V 1 cent 1936 dot. Certifiée Specimen 66 Red par PCGS, elle a été vendue pour $ 400K incluant premium par Heritage le 3 janvier 2010. Je l'avais discutée dans cette chronique avant cette vente. Je vous invite à regarder la video partagée par la maison de ventes.

Ce specimen avait encore en 2010 une couche de laque protectrice mise par l'usine pour assurer sa préservation. De légères décolorations étaient annoncées. Cette couche a été enlevée et elle est désormais gradée SP 65 Red and Brown, également par PCGS. Elle est estimée $ 250K à vendre par Heritage à Chicago le 15 août, lot 31048.

17 juil. 2019

Des Oiseaux pour le NASCAR

De 1949 à 1971 le Grand National est une série de compétitions sur circuit fermé réservées aux voitures de production, organisées par le NASCAR (National Association for Stock Car Auto Racing). Pour ce qui concerne les pilotes, Richard Petty, champion en 1964 et 1967, devient la personnalité incontournable.

Après la saison 1968, Petty quitte Plymouth pour Ford qui développe alors la Ford Talladega. Plymouth réagit en créant le Superbird qui est une version avec diffuseur arrière de leur nouveau Road Runner. Dodge et Mercury préparent également de nouveaux développements. Pour répondre aux exigences du règlement, la Superbird sera fabriquée en environ 2000 exemplaires.

Petty est revenu chez Plymouth en 1970. Pour 1971 de nouvelles règles restreignent l'usage des équipements aérodynamiques dans le Grand National, périmant ainsi le Superbird. Pour la saison 1972 l'usine Plymouth cesse de financer Petty. Le 3 août à Harrisburg, Mecum vend deux voitures Plymouth utilisées par "King Richard" pendant cette période de transition.

Le lot S96 est un Superbird de 1970, la seule année de production de ce modèle. Cette année-là Petty a gagné 8 courses du NASCAR avec plusieurs voitures, mais le champion Grand National est Bobby Isaac sur Dodge. La voiture à vendre a été exhibée par Petty dans un film produit par Disney en 2006. L'estimation n'est pas publiée.

En 1971 Petty est le champion NASCAR. Le lot S100 est le Road Runner avec lequel il a obtenu 19 de ses 21 victoires de cette année-là. Elle est estimée $ 1M.

Je vous invite à regarder la vidéo introduisant les deux voitures. L'image de la Superbird est partagée par Wikimedia avec attribution ckirkman at flickr [CC BY 2.0], via Wikimedia Commons.



RichardPettyRoadrunner

16 juil. 2019

La Corvette 427

La Chevrolet Corvette est lancée en 1953 par General Motors comme un modèle de voitures de sports. L'ingénieur Zora Arkus-Duntov a beaucoup d'idées pour la transformer en voiture de course. Ce sera sa principale activité jusqu'à sa retraite en 1975, avec des projets innovants qui ne sont pas tous soutenus par ses patrons.

Le moteur Mark IV Big Block V8 est introduit par GM en 396 CI en 1965 et en 427 CI (7 litres) en 1966. Arkus-Duntov fait installer un 427 dans un prototype qui est testé par Roger Penske. Le projet est tenu secret et les autres prototypes de la Corvette 427 ne sont pas documentés.

Cette fois-ci les patrons acceptent de lancer une production limitée, qui sera dans une première phase réservée à des clients choisis par la marque. En 1967 la Corvette 427 reçoit la référence RPO L88, RPO signifiant Regular Production Option. La L88 peut être carrossée en coupé, en décapotable ou en roadster, avec de nombreuses options secondaires. 20 L88 sont produites en 1967, suivies par 196 autres voitures avant l'arrêt de ce RPO fin 1969.

La toute première L88 est une décapotable. Elle est livrée en 1967 à Tony DeLorenzo, fils d'un Public Relations Executive de GM, qui s'entraînait pour les compétitions du SCCA (Sports Car Club of America) dans les catégories de voitures de production. La compétitivité de cette voiture est confirmée, avec une vitesse de pointe de 250 km/h qui affole le père. Elle sera vendue par Mecum à Harrisburg le 3 août, lot S90.

Un coupé de la même année a été vendu pour $ 3,85M incluant premium par Barrett-Jackson en janvier 2014. Elle avait été annoncée avant la vente comme la meilleure L88 en existence. Quelques minutes plus tôt, une L88 spéciale lightweight décapotable de 1969 identifiée comme la Rebel Corvette avait été vendue pour $ 2,86M incluant premium.

Voici deux autres résultats incluant premium pour des L88 de 1967 : $ 3,5M pour une décapotable le 7 septembre 2013 par Mecum ; $ 1,98M pour un roadster le 18 janvier 2017 par Worldwide.

12 juil. 2019

Le Super-Patriote

Tout au long de la crise économique des années 1930 les cinéphiles oublient temporairement leurs difficultés avec les films d'épouvante d'Universal Pictures. Pour le même public, Martin Goodman devient en 1933 éditeur de pulp magazines. Il a 25 ans.

En 1938 et 1939 DC Comics obtient un succès gigantesque avec ses super-héros incluant Superman et Batman. Goodman devient leur principal concurrent en créant la société Timely Publications qui devient Timely Comics en avril 1941. Le premier magazine Timely, Marvel Comics # 1, atteint un tel succès que son tirage est porté de 80 000 à 800 000 exemplaires, en novembre 1939.

Fils d'émigrés juifs Lithuaniens, Goodman est sensible aux évènements d'Europe. En complément de ses androïdes, il promeut un super chef militaire appelé Captain America, doté de la perfection physique et intellectuelle et arborant de façon très visible les stars and stripes du drapeau Américain.

Ce super patriote mis en scène par Simon et dessiné par Kirby apparaît pour la première fois dans le # 1 du nouveau magazine Captain America daté mars 1941. Sur la page de couverture, il abat d'un foudroyant crochet du droit un personnage très reconnaissable qui est nominativement désigné comme Hitler dans le texte.

Avec près d' 1 million d'exemplaires vendus, Captain America # 1 est un grand succès, montrant qu'il répond déjà aux attentes des jeunes Américains près d'un an avant l'attaque de Pearl Harbor.

Les meilleurs exemplaires non restaurés gradés par CGC sont un presque parfait NM/MT 9.8 et deux NM 9.4. Un des deux 9.4 sera vendu par Heritage à Dallas le 1er août, lot 91053. Ses pages sont annoncées entre Off-white et White.

11 juil. 2019

De l'Or sur la Lune

La tradition des médaillons commémoratifs embarqués dans les missions spatiales Américaines commence avec le premier vol habité Gemini. Ils étaient fabriqués en étain ou en sterling et parfois dorés. Bien que la production n'ait pas été documentée, leurs écrins étaient marqués Fliteline. Les dates de mission sont gravées après le retour sur terre.

La dernière série de médaillons Fliteline est destinée à Apollo 1. Huit prototypes avaient été préparés avant l'incendie de la cabine. En hommage à ses camarades disparus, Neil Armstrong a emporté un exemplaire doré avec lui dans le LM d'Apollo 11. Provenant de sa collection, il a été vendu pour $ 275K incluant premium par Heritage le 1er novembre 2018.

Quand le programme Apollo redémarre en 1968, la NASA réorganise cette opération de prestige. Le dessin est en général confié aux astronautes de la mission concernée. Jusqu'à Apollo 10 la forme est libre. La production est confiée à Robbins Company, fournisseur de badges pour le FBI et de médailles Olympiques.

Les médaillons en métal argenté sont désormais sérialisés, sans doute parce que la NASA craint que les astronautes en tirent un profit personnel préjudiciable à sa réputation. Quelques médaillons en or 14K sont ajoutés pour les collections personnelles des astronautes.

Pour Apollo 11 en 1969, le dessin est préparé par Michael Collins. Robbins réalise 450 médaillons en métal argenté qui sont embarqués dans la mission sauf 10 qui avaient été égarés, plus 3 médaillons en or, un pour chaque astronaute.

Le médaillon en or attribué à Neil Armstrong l'a suivi dans le Lunar Module Eagle. Provenant de sa collection et gradé MS 67 par NGC, il sera vendu le 16 juillet à Dallas par Heritage, lot 50067 avec une enchère d'ouverture de $ 250K sans prix de réserve. Je vous invite à regarder la video partagée par NGC.

L'aigle de Collins prêt à se poser dans une plaine de cratères sous un clair de terre sera réutilisé pour la pièce fédérale de $ 1 entre 1971 et 1978.

Le scandale d'Apollo 15 n'est pas venu des médaillons mais d'enveloppes philatéliques.

9 juil. 2019

Les Battes d'Honus Wagner

Dans les premières années du XXème siècle, Hans 'Honus' Wagner et Ty Cobb étaient considérés comme les meilleurs joueurs de baseball de tous les temps, avec un taux de succès exceptionnel à la batte.

Honus Wagner avait commencé sa carrière MLB en 1897 à Louisville, la ville où Hillerich fabriquait le Louisville Slugger. Deux Louisville Sluggers liées à Wagner arrivent simultanément aux enchères.

En septembre 1905 Wagner avait conclu un accord avec J.F. Hillerich and Son pour endorser un modèle de la Louisville Slugger. Un tel acte commercial, sans précédent dans l'histoire des sports, démontre l'attention apportée par le champion aux produits dérivés. Quatre ans plus tard, le retrait de son image de la série de cartes de baseball 'T206' est certainement dû à ses exigences financières.

Le 17-18 août à Dallas, Heritage vend un Louisville Slugger sans identification du nom de Wagner. Cette batte est probablement antérieure à l'accord de 1905. Wagner l'a donnée en 1948 à un ami qui comparait les battes anciennes et modernes et s'étonnait de son poids élevé. Gradée GU 10 par PSA/DNA, elle est estimée $ 1M, numéro de lot à définir.

L'autre batte appartient à la toute dernière phase de la carrière de Wagner. Sa marque Louisville Slugger - 125 - Hillerich and Bradsby Co a pour terminus post quem le changement de dénomination du fabricant en 1916. 125 est à partir de 1915 la référence globale de la marque pour les battes professionnelles, succédant à la référence 40.

Cette batte porte aussi le Trade mark J Hans Wagner, signifiant à cette époque qu'elle a les caractéristiques sur mesure définies par Honus Wagner. Le processus, également utilisé à partir de 1918 par Babe Ruth, consistait à renvoyer à l'usine une batte satisfaisante pour qu'elle serve de modèle. Cette batte de Wagner a pour terminus ante quem l'année de sa retraite, 1917.

Gradée GU 8.5 par PSA/DNA, cette batte est au lot 4 à vendre par Goldin à Chicago le 1er août.


8 juil. 2019

Un Heureux Caractère

Kämmer et Reinhardt fondent en 1886 une société de fabrication de poupées sous la marque K*R. Ils sont installés en Thuringe non loin de Simon et Halbig avec qui ils auront une coopération fructueuse.

En 1909 K*R lance une nouvelle ligne de produits consacrée à des poupées à têtes réalistes. Ils déposent la dénomination Charakterpuppen et préparent une série de moules numérotés de 100 à 114. Dans cette première série, 100 est un bébé de six mois, tous les autres sont de jeunes enfants. 113 n'est pas connu.

Le fournisseur des modèles 100 à 109 est un sculpteur spécialisé dans les bustes d'enfants, Arthur Lewin-Funcke. Par exemple, 106 est son neveu Heinz et 104-105 est une de ses filles, Karin, respectivement rieuse et amicale. 103-108-109 montrent une petite fille dans trois attitudes différentes. 103 est considéré comme un portrait de Karin en fille sérieuse.

K*R a très tôt fait un choix entre ces modèles. 100, 101, 109, 112 et 114 ont eu une production abondante tandis que les autres numéros de la première série n'ont pas dépassé l'étape du prototype.  Il est intéressant de noter que les traits du visage des modèles les plus populaires les rendent faciles à habiller indifféremment en garçon ou en fille. 101 est Peter et Marie. 114, basé sur le portrait d'un petit-fils de Reinhardt, est Hans et Gretchen.

La vente de Bonhams le 24 septembre 2014 incluait tous les modèles K*R de 101 à 109. Le seul exemplaire connu de la 108, 61 cm de haut, a été vendu pour £ 240K incluant premium. Une 105 a été vendue pour £ 170K incluant premium.

Une 104 dans un état original impeccable a été vendue pour $ 210K incluant premium par Theriault's le 12 janvier 2013 sur une estimation basse de $ 110K. Une autre 104, 48 cm de haut, est estimée $ 60K à vendre par Theriault's à Nashville le 22 juillet, lot 17. Elle est illustrée en bas à gauche dans le tweet ci-dessous.

2 juil. 2019

Deux Heures et Demi sur la Lune

Le 20 juillet 1969 à 20 h 18 GMT, le LM Eagle se pose sur la Lune. 600 millions de personnes correspondant à 20 % de la population mondiale attendent devant leur téléviseur ou leur poste de radio la retransmission en direct des premiers pas de l'homme sur la Lune. C'est aussi un évènement considérable dans l'histoire de l'audio-visuel.

Armstrong descend sur le sol Lunaire à 2 h 56. Une de ses premières actions est de démarrer la caméra Westinghouse. Le premier live lunaire fonctionne parfaitement. Jusqu'à son retour dans le LM deux heures et demi plus tard, l'émission est ininterrompue.

L'audio est excellent. Les échanges sonores entre les engins spatiaux habités et la Terre ont toujours été vitaux, sans droit à l'erreur. L'image est décevante. Ces deux ours en noir et blanc qui sautillent dans leurs scaphandres sont à peine crédibles. Les superbes photos en couleurs prises par Armstrong avec un appareil Hasselblad fixé sur sa poitrine rassureront bientôt les incrédules.

Les images de télévision transmise par le LM étaient rudimentaires. Un unique canal hertzien devait transmettre en temps partagé les données de télémétrie essentielles au suivi technique de la mission et les images des astronautes. Le résultat était un balayage de 320 lignes avec une fréquence de 10 images par seconde qui était largement inférieure au seuil de la persistance rétinienne, donnant à nos deux plantigrades un effet de mouvement saccadé.

Il y a bien pire. Le protocole utilisé pour cette transmission n'était pas compatible avec les réseaux d'émission des chaînes de télévision. Le signal reçu dans un observatoire en Australie devait donc être transmis en temps réel à Houston où il était converti dans un langage de télévision professionnel.

Pour éviter la perte des images en cas d'échec de la transmission, l'observatoire Australien avait à faire plusieurs copies de sauvegarde qui ont été ensuite livrées à la NASA comme convenu.

En 2006, le Sydney Morning Herald crie au scandale : les meilleures images animées des premiers pas de l'homme sur la Lune sont perdues. La NASA confirme que les bandes ont été effacées pour être réutilisées sur d'autres missions. Après le succès d'Apollo 11, personne ne s'y était intéressé, peut-être à cause de la difficulté croissante à décoder les anciens programmes.

En juin 1973, un étudiant avait acheté aux enchères pour $ 217,77 dans une vente de déstockage de la NASA un lot de 1150 bobines avec leurs bandes video qu'il avait ensuite dispersées pour son profit. Il avait gardé trois boîtes avec une étiquette identifiant l'Apollo 11 EVA (Extra-Vehicular Activity). Alerté par les recherches désespérées de la NASA, il trouve en 2008 un laboratoire Californien capable de décoder les bandes.

L'ancien étudiant avait en sa possession parfaitement légale une copie préparée par la NASA à partir du signal d'origine. Jamais réutilisées avant 2008, les trois bandes couvrent en succession la totalité de l'EVA. L'honneur de la NASA est sauvé. Une seconde lecture est faite deux mois plus tard pour transférer ce très précieux contenu sur un disque dur dans un langage informatique compatible avec les ordinateurs modernes.

Le lot des trois bandes est estimé au-delà de $ 1M à vendre par Sotheby's à New York le 20 juillet, lot 104. Je vous invite à regarder la vidéo préparée par la maison de ventes pour annoncer ce lot.

1 juil. 2019

Un Alunissage Réussi

Avec la mission Apollo 11 en juillet 1969, l'approche de la Lune, l'alunissage et le décollage du Lunar Module sont effectués pour la première fois.

Les deux astronautes embarqués sur le LM Eagle sont très expérimentés. Neil Armstrong avait été pilote d'essais du X-15 et son sang-froid avait sauvé la mission Gemini 8 après une perte d'équilibre. Buzz Aldrin était diplômé du MIT avec une thèse de doctorat sur les techniques de rendez-vous orbitaux et avait été astronaute sur Gemini 12.

Les liaisons radio et les télémesures permettent un suivi en temps réel et la prise des décisions irréversibles par les équipes spécialisées de la NASA à Houston.

La préparation a fait l'objet de procédures très détaillées, achevées quelques jours seulement avant le tir. Les documents concernant plus spécifiquement toutes les opérations à effectuer à bord du Lunar Module sont groupées en un cahier de 22 feuilles 21 x 27 cm recto-verso maintenues par trois anneaux. Ces opérations incluent de nombreuses vérifications de l'état de fonctionnement des systèmes.

Ce document est utilisé par Armstrong et Aldrin comme un Timeline Book, dans lequel ils ont coché en temps réel la réalisation de chaque instruction et ajouté les éléments nécessaires au contrôle du pilotage, concernant notamment des vérifications de position.

Les décisions au sol et en vol, dictées par des considérations de sécurité, sont identifiées de façon extrêmement simple par un Go - No Go à cocher, qui devient un Stay - No Stay pour la décision spécifique de rester pour marcher sur la lune ou de repartir sans effectuer cette phase très attendue. Après ce Stay, Armstrong et Aldrin marchent sur la Lune le 20 juillet 1969 (21 juillet en heure française).

Un incident de vol montre l'importance de la décision humaine. Une alarme s'est déclenchée pendant la phase d'approche. Le directeur de vol à Houston a donné l'ordre de passer outre après avoir consulté ses experts informaticiens. Leur réaction a été extrêmement rapide mais a cependant fait perdre la possibilité d'atteindre le site d'alunissage initialement prévu. Pour assurer l'arrivée sur une surface sans aspérités, Armstrong actionne le programme de pilotage P66 avec contrôle manuel plutôt que le pilotage entièrement automatique P65 recommandé en priorité par la procédure.

Ce manuel d'utilisation qui a assuré et enregistré la phase critique de la plus prestigieuse de toutes les missions spatiales a appartenu à Aldrin jusqu'en 2007. Il est estimé $ 7M à vendre par Christie's à New York le 18 juillet, lot 11. En 2012 un acte du congrès a autorisé les astronautes à posséder et transférer les manuels de vol des programmes Mercury, Gemini et Apollo.

Je vous invite à regarder la vidéo préparée par la maison de ventes, ainsi que l'interview vidéo par Christie's de Margaret Hamilton, ingénieur de logiciel sur le projet Apollo.