7 sept. 2019

Manjushri au Népal

Une très ancienne tradition attribue à Manjushri la colonisation de la vallée de Katmandou. Le bodhisattva avait asséché un lac pour atteindre une fleur de lotus d'une exceptionnelle brillance. Désormais le peuple Newari a habité cette vallée Népalaise.

Une nouvelle technique d'art s'est développée dans cette vallée riche en cuivre, en conformité avec les canons Bouddhistes. Dans le même temps le Bouddhisme a été introduit au Tibet à la fois par le Népal et par la Chine. Les Newaris ont été les principaux fournisseurs de figures en cuivre pour la dévotion Tibétaine.

Le Bouddhisme médiéval Tibétain a connu deux périodes florissantes. La première prend fin en 838 CE avec le déclenchement de guerres civiles entrecoupées de persécutions. Le renouveau final du Bouddhisme est marqué par la fondation du monastère de Tabo en 996 CE.

Le 7 octobre à Hong Kong, Bonhams vend une statue de Manjushri de 38 cm de haut en alliage de cuivre doré, lot 805 estimé HK$ 20M. L'un des attributs permettant d'identifier ce bodhisattva de la parfaite sagesse est son pectoral en dents de tigre. Il est assis dans une attitude sereine avec les jambes croisées, sans base.

Bien entendu l'iconographie de Manjushri est abondante dans le monde Bouddhiste et ne permet pas à elle seule d'identifier une origine Népalaise. Le modèle est cependant très ancien, avec un mélange parfait de dignité, d'autorité et de compassion. Certaines caractéristiques sont Tibétaines, dont la robustesse morphologique qui peut être une référence à la puissance de leur Empire. Des traces de pigment bleu dans les cheveux proviennent d'une utilisation rituelle Tibétaine.

Les détails semblent en cohérence avec quelques figures trouvées à Dunhuang, réalisées à l'époque où cette place stratégique de la Route de la Soie était une possession Tibétaine, entre 787 et 848 CE. Cette statue peut aussi avoir été créée à l'époque des persécutions.