27 sept. 2019

Sanyu après la Grande Chaumière

A partir de 1923, Sanyu vit essentiellement à Paris. Il découvre avec délectation à l'Académie de la Grande Chaumière que des jeunes femmes exhibent leur nudité pour les artistes et les étudiants.

Deux évènements marquent sa maturité. Son mariage en 1928 prend fin en 1931. Sa coopération avec le collectionneur et marchand Henri-Pierre Roché dure de 1929 à 1932. Pendant cette période de grande créativité, Sanyu peint des huiles sur toiles sur des thèmes très variés.

Sa vision du corps des femmes change radicalement à ce moment, passant de la sensualité à une idéalisation mystique. Ces femmes restent des modèles comme au temps de la Grande Chaumière. Elles n'ont aucune dimension psychologique, sont le plus souvent allongées sur le dos ou le ventre. Elles offrent la beauté de leur peau nue en dormant, comme Marie-Thérèse pour Picasso. Le réalisme des proportions n'a plus aucune importance.

Ces nus sont blancs puis roses. Ils sont posés sur un tapis de sol comme les étoiles de mer sur la plage. Les tapis sont souvent décorés de petits dessins de style Chinois, probablement pour évoquer l'origine de l'artiste. Les contours du corps deviennent moins appuyés et les contrastes de couleurs prennent des tons pastels.

Sanyu datait rarement ses oeuvres. Un nu couché 81 x 130 cm peint en 1931 est peut-être un des premiers de la série si l'on considère la couleur criarde du tapis. Il a été vendu pour HK$ 16,3M incluant premium par Sotheby's le 3 octobre 2011.

Un nu sur tapis floral sur panneau 46 x 82 cm montre une meilleure maturité. Il a été vendu pour HK$ 59M incluant premium par Poly le 3 octobre 2016. Dans un style très similaire, une huile sur toile 45 x 81 cm intitulée Nu rose sur tissus Chinois est estimé HK$ 35M à vendre par Sotheby's à Hong Kong le 5 octobre, lot 1030. Il a appartenu à Roché, ce qui ne permet toutefois pas d'identifier s'il a été acquis avant ou après la querelle de 1932.