6 oct. 2019

Un Bouddha Jin

La dynastie Song ne contrôlait pas l'ensemble du territoire Chinois. Au Nord l'empire Liao s'étendait jusqu'aux steppes mongoles. Le bouddhisme était pratiqué et protégé dans les deux empires rivaux.

Les Jin ont vaincu les Liao et les Song. Ils ont détruit l'empire Liao en 1125 CE. Deux ans plus tard ils conquièrent la partie la plus importante de l'empire des Song qui parviennent cependant à maintenir leur pouvoir dans le sud du pays. La conquête Mongole élimine les Jin en 1234 CE.

Les Jin sont des étrangers : ils appartiennent au groupe ethnique mandchou des Jürchens. Pour consolider leur contrôle sur les territoires conquis, ils abandonnent leur chamanisme traditionnel et adoptent le Bouddhisme et le Taoïsme. Ils deviennent de grands protecteurs du Bouddhisme, commentant et éditant les textes sacrés.

Après la débâcle Bouddhiste qui avait commencé sous les Tang, les Liao et les Song se sont attachés à recréer des lieux de culte accueillants. De grandes statues polychromes en bois figurant les déités ornent les entrées des temples. Les Jin continuent cette nouvelle pratique.

Bouddha, Amitabha et les bodhisattvas doivent être facilement reconnaissables par les fidèles à qui il faut inculquer toutes les variantes de leurs attributions respectives. Seuls de minuscules détails permettent d'évaluer une origine ou une chronologie.

Les artistes suivent le canon qui définit les traits des déités, avec une apparence humaine de grand réalisme associée à une méditation apaisante. Les statues sont parfois plus grandes que nature.

Une Guanyin Song polychrome de 117 cm de haut assise en lotus est restée invendue à Christie's le 2 décembre 2015. Dans une position assise similaire, un Bouddha Shakyamuni Jin de 122 cm de haut avec des traces de la polychromie d'origine est estimé HK$ 16M à vendre par Sotheby's à Hong Kong le 8 octobre, lot 3629.