8 nov. 2019

La Mauvaise Caresse

Michael Sweerts est né à Bruxelles. Sa carrière commence à Rome. A une date non identifiée, il devient un catholique zélé après une illumination. Revenu dans sa ville natale en 1655, il repart pour la France puis pour Amsterdam avant de tenter à Goa un prosélytisme à la manière de Vincent de Paul.

Sa période Bruxelloise ne dure pas plus de trois ans mais est très prolifique. Il ouvre un atelier de peinture et publie quelques gravures. Il enseigne le dessin, donnant l'exemple par des thèmes très variés incluant des tronies d'expressions et de tempéraments.

Le 15 novembre à Paris (Hôtel Drouot), Mirabaud Mercier vend une huile sur toile 75 x 60 cm peinte vers 1656, lot 27 estimé € 400K, un rare exemple de peinture moralisante qui parvient à mêler un des cinq sens avec un des sept péchés capitaux. Elle est restée très fraiche malgré des restaurations anciennes annoncées au catalogue. L'humidité dans les yeux et les lèvres du personnage est bien préservée. Je vous invite à regarder la vidéo partagée par Hôtel Drouot.

Un jeune homme innocent avec un sourire béat tient un chat tigré dans sa main gauche. Avec l'autre main, il caresse l'oreille du petit fauve qui n'aime pas du tout cette initiative et commence à feuler. Cette image est une allégorie chrétienne. Il faut se méfier du toucher, le plus dangereux des cinq sens, qui mène de façon sournoise à la luxure et à l'érotisme.

Cette oeuvre fait partie d'une série sur les cinq sens, connue par des photographies noir et blanc des années 1950. Les quatre autres vues sont moins dramatiques. Le même nigaud tend une friandise à un singe pour l'allégorie du goût et caresse l'aigrette d'un hibou pour la vue. Le cor et la chandelle caractérisent les deux autres sens.