9 nov. 2019

Le Canapé des Années Folles

Tamara de Lempicka sait que le succès est le résultat d'initiatives personnelles. Elle commence sa carrière de portraitiste à Paris, incluant une escapade mondaine à Milan en 1925, en exhibant ses envies bisexuelles. Une certaine liberté apportée par les films de Hollywood rend déjà possible ce type d'attitude.

Son mari s'appelle Tadeusz Lempicki. Certaines des premières peintures de Tamara sont signées T. de Lempitzki, probablement pour marquer ses tendances viriles. Elle cherche les plus belles femmes et les invite à poser sur son canapé, nues ou habillées.

Tamara rencontre Rafaëla au bois de Boulogne. Elle racontera plus tard qu'elle avait vu comment les passants regardaient intensément la jeune femme. Rafaëla est jolie et potelée, et coiffée à la mode de Louise Brooks. Ses portraits par Tamara sont charnels, dans le style aux lignes nettes de l'artiste, révélant une empathie amoureuse entre les deux femmes.

Le Rêve, huile sur toile 81 x 59 cm peinte en 1927, est également intitulé Rafaëla sur fond vert. Le modèle torse nu est assis, les bras croisés sur la poitrine et la tête bien appuyée sur le dossier du canapé. Comme les meilleurs nus de Modigliani, elle attend paisiblement les instructions de l'artiste. Cette oeuvre a été vendue pour $ 8,5M incluant premium par Sotheby's le 2 novembre 2011.

Le 12 novembre à New York, Sotheby's vend La Tunique rose, huile sur toile 73 x 116 cm peinte la même année, lot 43 estimé $ 6M. Allongée sur le même canapé vert, Rafaëla porte une petite robe pas plus couvrante qu'une combinaison de nuit. L'expression est jolie, avec un contraste entre l'ombre sur les yeux et la lumière sur la bouche rouge.