4 nov. 2019

Le Seigneur du Ring

1981 est l'année merveilleuse de Jean-Michel Basquiat. En janvier, il est connu de quelques initiés qui veulent savoir comment l'insécurité grandissante à New York City inspire les jeunes artistes et musiciens. En décembre il est reconnu comme le plus doué et le plus subtil des artistes issus de la rue.

Son credo n'a pas changé. Il veut glorifier le héros Afro-Américain, complètement ignoré des musées. Il montre le rêve et la vraie vie : les puissants rois-guerriers noirs et les cops blancs. Il considère à juste titre la boxe comme le domaine typique où les blancs ont perdu la partie. Les champions de sa jeunesse sont Joe Louis, Jersey Joe Walcott, Sugar Ray Robinson et Mohammed Ali.

Dans la plupart de ses peintures de 1981 sur le thème de la boxe, l'hercule noir vient de gagner et lève les deux bras en signe de triomphe. Une figure rapprochée soulevant avec fierté la couronne d'épines au-dessus de sa tête, 200 x 183 cm, a été vendue pour £ 13M incluant premium par Sotheby's le 27 juin 2012.

Intitulée Ring, un acrylique et oilstick 152 x 122 cm montre le vainqueur seul en plein milieu de son champ d'action incluant les cordes et les chaises. Il ne porte pas la couronne mais une puissante lance surmontée d'un soleil radiant. Le champion n'est pas identifié mais il a la même chevelure luxuriante que l'artiste lui-même.

Ring a été vendu pour $ 7,6M incluant premium par Sotheby's le 9 mai 2012 et est estimé $ 10M à vendre par Phillips à New York le 14 novembre, lot 26.

Dans son enfance, Jean-Michel regardait souvent les matchs de boxe à la télévision et ne dédaigne pas l'action. World crown, 122 x 142 cm, est un très rare exemple égalitaire, pris en plein combat entre un blanc et un noir sans identifier lequel des deux va gagner. Cette peinture a été vendue pour $ 11,5M incluant premium par Sotheby's le 12 mai 2015.