18 janv. 2020

La Route de l'Elégance

Pour rester compétitif en Grand Prix, Bugatti remplace la Type 35 par la Type 51 en 1931. La Type 55 est la version routière de la 51 avec le même moteur 8 cylindres en ligne 2,3 litres légèrement désaccordé.

La production de la 55 commence en 1932. Un des tout premiers clients est Guy Bouriat, qui vise le Mans. Sa voiture, prête juste à temps pour cette compétition, est vue comme la meilleure représentante de l'industrie française face à l'Alfa Romeo 8C 2300 qui a le même déplacement moteur et est également surcompressée.

Un caillou de la route perce le réservoir, mettant fin à cette première sortie. Bouriat vend aussitôt après la voiture à Jacques Dupuy. Le nouveau propriétaire est le fils de feu Paul Dupuy, un patron de presse qui organisait des évènements de sports mécaniques dans les années 1910 pour Le Petit Parisien et a créé en 1920 l'hebdomadaire Miroir des Sports.

Jacques ne veut pas conserver la carrosserie qui avait été construite spécialement pour répondre aux règlements pointilleux du Mans. Il ne veut pas non plus du roadster sans porte conçu par Jean Bugatti. Sa voiture est carrossée selon ses plans en supersport deux places par Figoni.

Jacques Dupuy mène sa 55 jusqu'en 1936 dans des évènements pittoresques typiques de cette époque : courses routières par étapes, courses de côtes, kilomètre départ arrêté, freinage. Il remporte la compétition composite Paris-Nice en 1933.

Sans oublier les concours d'élégance féminine. Avec cette Bugatti conduite par un mécanicien en livrée et accompagnée de deux chiens, la comtesse de Rivals-Mazères gagne un phonographe au Concours d'Elégance du Bois de Boulogne sponsorisé par les journaux Fémina et L'Intransigeant.

Cette 55 Figoni unique en son genre a gardé une très bonne authenticité malgré un grave accident en 1994. Elle est équipée du moteur d'origine d'une autre 55. Après 56 ans consacrés au plaisir d'un propriétaire enthousiaste, elle est estimée € 4M à vendre par Bonhams à Paris le 6 février, lot 268.