31 janv. 2020

Le Sultan et le Prétendant

Pendant la saison 1927, les New York Yankees ont ce qu'on appellerait aujourd'hui un dream team, soigneusement constitué par le propriétaire du club, Jacob Ruppert, et le general manager, Ed Barrow. Six joueurs reçoivent collectivement le surnom de Murderers' Row : Combs, Koenig, Ruth, Gehrig, Meusel et Lazzeri.

Babe Ruth est le Sultan of Swat, signifiant que ses frappes sont dignes d'un roi. Pourtant il trouve dans sa propre équipe un jeune rival aussi talentueux que lui : Lou Gehrig. Les Yankees sont invincibles mais cette amicale rivalité interne rend la saison 1927 indiscutablement la plus passionnante de l'histoire du baseball.

Les fans comptent les home runs. A fin août, Gehrig mène avec 45 homers. En septembre, Ruth est déchaîné. Au milieu du mois, il apparaît clairement que sa performance sera imbattable. Il réussit le 30 septembre son 60ème homer de la saison, un remarquable record qui durera jusqu'en 1961, treize ans après sa mort.

Les journalistes sont là. Le 15 septembre, le Wide World Photos, service du New York Times chargé des photos d'actualité, prend une photo de Gehrig félicitant Ruth. Les deux joueurs sont en uniforme de baseball. Ruth tient une batte.

Le 22 février en ligne depuis Dallas, Heritage vend au lot 50032 un tirage dédicacé de cette photo en format 20 x 25 cm. Les deux signatures, inscrites par les joueurs sans commentaire superflu sur l'image de leurs pantalons, ont été gradées Auto 9 par PSA/DNA.

Un papier dactylographié a été collé au dos pour fournir les renseignements nécessaires à la publication. Il indique pour quelle raison ce moment est historique : "The King Still Reigns. New York : Lou 'Buster' Gehrig, pretender to the home-run crown, congratulates 'Babe' Ruth, who retained his title of 'Sultan of Swat' by outdistancing his younger rival in making round-trip hits".

Buster était alors un surnom attribué à Gehrig, après l'erreur d'un chroniqueur malentendant qui avait cru que Ruth appelait ainsi son jeune confrère. Ruth aimait ré-utiliser ce nom pour se moquer de l'incompétence des journalistes.