31 janv. 2020

Un Meurtre

Quand il était adolescent, Keith Haring était impliqué dans les mouvements évangéliques chrétiens. Il s'engagea ensuite dans le street art, et se fit connaître par des figures de grandes dimensions dans le métro. Le jeune homme désire interpréter la vie et la mort avec des personnages récurrents qui interagissent et dansent. Le bébé, symbole d'espoir, est irradiant.

Le 13 février à Londres, Phillips vend une oeuvre du début de la carrière de l'artiste. Un large trait noir bordé de rouge sur ses deux côtés construit deux personnages. Des coulures de peinture rouge sur le fond jaune accroissent l'intensité dramatique. Ce vinyl sur bâche 245 x 245 cm peint en novembre 1981 est estimé £ 3M, lot 10.

Les deux personnages sont en opposition totale, simulant un meurtre. La jambe de l'assaillant traverse la victime par un grand trou ovale au milieu du ventre. La victime est innocente. Les bras sont levés en parallèle dans l'alignement des jambes et du corps. La croix chrétienne qui remplace le visage indique que ce personnage debout est dans le monde des morts.

Les oeuvres de Haring, comme celles de Basquiat, étaient codées pour une interprétation facile dans sa communauté. Cette oeuvre sans titre est liée à deux faits traumatisants : d'une part le meurtre de Lennon l'année précédente, d'autre part la "gay plague" de New York qui ne s'appelle pas encore le SIDA.

Le 29 juin 2017, la même maison de ventes a vendu pour £ 2,33M incluant premium une peinture au trait d'or et fond d'émail noir sur métal 152 x 146 cm réalisée en 1984, qui met en scène deux figures similaires. Dans leur rixe, les bras de chaque combattant traversent la tête et le corps du partenaire. Le X a remplacé le symbole chrétien pour indiquer que les deux personnages sont déjà morts, renforçant le message pacifiste de cette oeuvre.