21 févr. 2020

Le Class III Restrike

Le Class III Restrike est la désignation utilisée en 1962 par Newman et Bressett pour décrire un novodel du dollar 1804, réalisé secrètement à l'usine de Philadelphie, distinct du Class II par son bord lettré. Une pièce Class II et six Class III ont survécu.

Le dollar 1804 est le dernier modèle réalisé avant la suspension de production du dollar d'argent qui durera jusqu'en 1836. Les 19 570 pièces déclarées dans le rapport annuel pour 1804 sont toujours restées introuvables, créant des mythes fabuleux comme la disparition de la totalité de la production dans un naufrage. Les outillages existaient à l'usine, et avaient été conservés.

En 1834 le gouvernement demande deux spécimens de chacune des dénominations de monnaie américaine dans l'année courante ou la dernière année de production, pour constituer à peu de frais des cadeaux diplomatiques pour le roi de Siam et le sultan de Muscat. L'usine n'a pas de dollar 1804 dans ses stocks. Il est facile d'en recréer quelques exemplaires : c'est le Class I, dont huit exemplaires sont connus, représentant probablement la totalité de la production.

Un exemplaire est utilisé en 1842 pour illustrer un manuel publié par deux employés de l'usine, Eckfeldt et DuBois. Les collectionneurs deviennent fous. L'usine accepte en 1843 un échange avec l'un d'eux, récupérant l'unique exemplaire d'un projet abandonné de monnaie d'or de 1785 avec l'inscription Immune Columbia.

Le Class II restrike est créé à l'usine en 1858. C'est une opération clandestine de mauvaise qualité destinée à tirer profit de l'avidité des collectionneurs. L'usine demande à les récupérer. Trois sont détruites et une est gardée comme spécimen à l'usine. Aucune autre Class II n'est connue. La seule pièce survivante a été frappée sur un thaler suisse de 1857, avec un bord lisse.

L'idée de produire des restrikes monte jusqu'au plus haut niveau de la hiérarchie. En 1859 le Mint director J.R. Snowden tente en vain d'obtenir une autorisation du Trésor pour de telles opérations.

La production du Class III à l'usine de Philadelphie est incontestable, probablement en 1858 ou 1859. Le lettrage maladroit sera réalisé tardivement sur les pièces précédemment frappées, qui pouvaient être des Class II faites sur planchettes vierges et restées à l'usine. La première Class III fait surface en 1876, tendant à prouver que les utilisations illicites de cette variante avaient été bloquées avec succès jusqu'à cette date.

Quatre Class III ont été usées artificiellement par frottement en poche pour faire croire à des pièces authentiques fabriquées en 1804. Le lot avait cependant été réalisé avec un proof finish qui n'existait pas avant 1817.

Un Class III gradé PR58 par PCGS a été vendu pour $ 2,3M incluant premium par Heritage le 30 avril 2009.

Un autre Class III, gradé PR55 par PCGS, a été vendu pour $ 1,88M incluant premium par Stack's Bowers le 6 août 2014, lot 13146.  Je l'avais discutée dans cette chronique avant cette vente. Provenant maintenant de la collection Pogue, cette pièce est estimée $ 1,2M à vendre par Stack's Bowers à Baltimore le 20 mars, lot 7304.

La production de dollars d'argent avait déjà été faible en 1803, permettant une prolongation de l'utilisation des matrices. Les pièces de 1 dollar annoncées en 1804 dans le rapport annuel ont certainement été frappées avec les matrices des années antérieures, peut-être à cause d'une disponibilité trop tardive des matrices à la date de 1804, qui resteront inutilisées jusqu'en 1834.

20 févr. 2020

Les Trésors du Colonel Snowden

Le trade dollar de 1885 n'a pas été documenté en son temps et n'a fait l'objet d'aucun enregistrement dans les registres de l'usine de Philadelphie. Physiquement, cette pièce est identique au trade dollar 1884 à l'exception de la date. Elle a été fabriquée à Philadelphie avec les méthodes de production de l'usine et ne peut pas être un novodel.

L'interdiction de continuer à produire le trade dollar 1884 était intervenue juste après la fourniture au caissier en janvier d'un premier lot couvrant environ un quart de la quantité annuelle nécessaire pour les silver proof sets. Les matrices 1884 n'ont cependant été détruites qu'en janvier 1885, comme si l'usine avait attendu un contre-ordre du gouvernement. Il y avait un précédent, le cafouillage de 1878, quand la production des trade dollars de circulation avait été redémarrée sur de mauvais arguments après avoir été interdite.

Cinq trade dollars 1885 ont survécu. Inconnus du caissier de l'usine, ils étaient probablement des pièces d'essais pour une production qui n'a jamais été autorisée, ce qui expliquerait l'omission des références internes. Entre temps, le démocrate Grover Cleveland était devenu président et la position du surintendant de l'usine de Philadelphie, le républicain A. Loudon Snowden, devenait intenable. Il démissionna, ou fut contraint à démissionner, en juin 1885.

En 1908 le marchand John Haseltine annonce à la Convention de l'ANA l'existence du trade dollar 1884, que certains numismates proches de l'usine avait supposée. Le trade dollar 1885 est encore insoupçonné à cette date.

Snowden avait eu l'habitude pendant sa surintendance de garder des échantillons des opérations effectuées par l'usine. En 1909 il a besoin d'argent et vend au collectionneur William Woodin par l'intermédiaire de Haseltine le fleuron de son trésor, les deux seules pièces d'or de $ 50 fabriquées en 1877 pour un projet d'union ($ 100) et half union ($ 50) dans le contexte du développement de l'étalon or. Le projet avait été abandonné pour des raisons de faisabilité technique.

Le maintien en mains privées des deux half unions suscite un tollé, et la vente est annulée après une action en justice. Snowden reprend les deux pièces qui sont immédiatement restituées à l'usine par don ou confiscation. Après un accord à l'amiable, Snowden, incapable de payer Woodin, lui remet son trésor en 1910.

Cette transaction n'a pas fait l'objet d'un inventaire mais il ne fait aucun doute que les quatre trade dollars 1884 qui n'avaient pas appartenu à Haseltine et les cinq trade dollars 1885 faisaient partie du lot. Toutes ces pièces ont été mises sur le marché par des associés de Woodin entre 1911 et 1915.

Le meilleur trade dollar 1885, gradé PR66 par NGC, a été vendu pour $ 3,96M incluant premium par Heritage le 10 janvier 2019. Une autre pièce, gradée PR64 par PCGS, sera vendue le 19 mars à Baltimore par Stack's Bowers, lot 3216.

19 févr. 2020

Dernier Rapport pour le Trade Dollar

Le trade dollar est créé en 1873 en même temps que l'étalon or. La production de pièces pour circulation cesse en 1878. Les proof coins, destinées aux collectionneurs et le plus souvent insérées dans les silver proof sets, sont maintenues à Philadelphie jusqu'en 1883. 979 trade dollars sont produits en 1883, une quantité très comparable aux 865 proof coins de 1873.

L'usine de Philadelphie prépare 1884 de façon similaire. Le rapport de fin d'année déclarera la production de 264 pièces, livrées au caissier en janvier. Peu après le Treasury Department interdit la production et la vente de nouveaux trade dollars. Le caissier rend 254 pièces qui sont fondues. Aucune n'est conservée pour les archives. Les matrices sont détruites en janvier 1885. Le modèle devient mythique, d'autant plus qu'une impression en cuivre était connue.

L'existence de pièces survivantes est révélée quand six unités sont vendues par le marchand John Haseltine, en 1907 et 1908. Elles proviennent de proof sets assemblés par feu son beau-père William Idler pour sa collection personnelle. Joaillier à Philadelphie, Idler avait aussi été un pionnier du commerce numismatique, en relation directe avec l'usine. D'un tempérament secret, il ne dévoilait pas ses trésors.

Il apparaît que le colonel Snowden, surintendant de l'usine de Philadelphie, avait acquis les dix pièces manquantes, très probablement avant l'ordre d'annulation de l'opération, probablement pour en céder six à Idler et conserver les autres pour lui.

Cet acte était tout à fait légal : les employés de l'usine pouvaient acheter des pièces neuves à leur valeur faciale. La relation avec les collectionneurs explique la survivance de pièces d'essais dont le modèle a été rejeté, comme par exemple la stella coiled hair de 1879 et 1880.

Les quatre autres pièces ont fait surface plus tard, sans lien apparent avec la filière Idler-Haseltine. Les dix pièces manquantes selon l'arithmétique des registres sont ainsi connues. Elles sont toutes en mains privées. Neuf d'entre elles sont gradées PR63 et au-dessus, et la dixième est PR50.

Un Trade dollar gradé PR66 par NGC a été vendu pour $ 1,14M incluant premium par Heritage le 10 janvier 2019. Un autre, gradé PR64+ Cameo par PCGS, sera vendu par Stack's Bowers à Baltimore le 19 mars, lot 3215. Le lot suivant est un Trade dollar 1885, plus mystérieux et encore plus rare, qui fera l'objet d'un autre article dans cette chronique.

18 févr. 2020

L'Art du Chasse-Mouches

Joe DiMaggio atteint une popularité sans précédent dans le baseball. Il est fier de faire toute sa carrière dans la prestigieuse équipe des New York Yankees, avant et après son engagement actif dans la Seconde guerre mondiale.

En 1941 il réalise son plus grand exploit sportif, inégalé à ce jour : 56 matchs successifs avec au moins un safe hitting, du 15 mai au 17 juin. Ce record est accompagné d'une chanson par Les Brown and His Band of Renown, recréant la passion du stade et des filles : « Joltin' Joe DiMaggio, We want you on our side (nous te voulons dans notre équipe)».

Bien entendu Joe est la vedette des cartes de baseball de son temps. En 1940 il est le # 1 dans la série de 240 cartes Play Ball éditées par Gum Inc, avec une photo sur laquelle il est prêt à frapper. Il est le meilleur batteur de la MLB avec une moyenne de .381 dans la saison précédente. Le dos considère qu'il est le meilleur fly-chaser (chasse-mouches) et mérite son nouveau surnom de Yankee Clipper (sécateur), faisant implicitement de Joe le successeur du Sultan of Swat (écrase-mouches).

En 1941 sa carte Play Ball est numérotée 71 dans une série limitée à 72 qui inclut aussi ses deux frères, Vince et Dom. L'image est la même que l'année précédente à l'exception du fait qu'elle a été colorée. Pour expliquer ce recul apparent dans la liste, on peut supposer que la Play Ball 1940-1 n'était pas épuisée quand les impressions 1941-1 à 1941-48 ont été préparées. Le texte au dos est remis à jour.

Environ 800 cartes 1941-71 ont été gradées par PSA mais une seule est certifiée au plus haut niveau de leur échelle, Gem Mint 10. Elle est estimée $ 500K dans la vente en ligne par Heritage qui se termine le 22 février, lot 50014.

16 févr. 2020

Super Ado

A l'apogée de l'ère du rêve américain, les super-héros de nos grands-pères sont devenus super-ringards. Batman survivra mais pas Superman.

Marvel Comics ne trouve pas la solution. Son nouveau magazine Amazing Adventures prend avec le # 7 un nouveau titre, Amazing Adult Fantasy. Le sous-titre, The Magazine that respects your intelligence, montre avec une grande naïveté le désarroi des éditeurs face aux profonds changements de la société.

Ce magazine n'est pas viable. En août 1962 pour le # 15, Stan Lee, chargé de préparer les histoires, essaye quelque chose de résolument nouveau. Le héros n'est plus un simple monstre humanoïde. Il a le comportement d'un adolescent ordinaire, avec sa timidité et ses problèmes d'argent. Il incarne simultanément le super-héros à la fois tout-puissant et pleinement responsable que tous les enfants rêvent de devenir : il est Spider-Man.

Pour cet appel aux enfants, le mot Adult est supprimé du titre du magazine. Le succès est immédiat et considérable. Amazing Fantasy est clos après ce numéro. Le magazine mensuel The Amazing Spider-Man est lancé par Marvel en mars 1963 avec un nouveau # 1.

De nos jours, la pérennité de Spider-Man est encore assurée, avec une quantité croissante de produits dérivés. La cote des exemplaires en excellent état d'Amazing Fantasy # 15 suit ce nouvel engouement. Les grades identifiés ci-dessous ont été attribués par CGC.

Le magazine était vendu pour 12 cents en 1962. En 2011 un exemplaire gradé Near Mint + 9.6 a été vendu pour $ 1,1M par ComicConnect en vente privée. Ces succès attirent de nouveaux exemplaires à la surface. Le 18 février 2016, Heritage a vendu pour $ 454K incluant premium un NM 9.4 avec des pages off-white, qui venait de passer 35 ans dans un coffre de banque. Ce prix a été dépassé le 16 janvier 2017 par un 9.2 vendu pour $ 460K par ComicLink.

La population certifiée par CGC est maintenant de 6 en 9.4 et 4 plus haut. Le 5 mars à Dallas, Heritage vend un NM 9.4, lot 91050. Son papier gradé Off white to white est presque parfait.

Le Choix d'un Rothschild

A l'époque des gentlemen drivers, en 1932, la Bugatti Type 55 carrossée en roadster Super Sport sans portes par l'usine sur le dessin de Jean Bugatti allie la robustesse légendaire de la marque avec une élégance d'un raffinement sans précédent dans l'automobile. 14 exemplaires sont réalisés.

Victor Rothschild, héritier de la baronnie des banquiers britanniques, ne s'y trompe pas. Agé de 21 ans, il est étudiant à Cambridge où il mène une vie de playboy. Il ne commande pas La Royale ni La Petite Royale mais une Super Sport Jean Bugatti, qui est assemblée en août 1932. Il sera en 1936 le tout premier des trois clients de la Bugatti Atlantic.

La 55 Super Sport génère jusqu'à nos jours des passions. En 1985 le Dr Edmonds, physicien à l'université de Boston, apprend que la Type 55 ex Rothschild va passer aux enchères chez Sotheby's à Londres. Il saute dans un Concorde et devient le propriétaire de la merveille pour £ 440K, à l'extrême limite de ses possibilités financières, au-delà du prix maximum qu'il s'était fixé.

Edmonds remet la voiture en état de fonctionnement avec tous ses équipements d'origine. En 1993 sa Bugatti est First in class à Pebble Beach. Il ne s'en séparera jamais. Provenant de sa succession, elle est estimée $ 6,5M à vendre par Bonhams à Amelia Island le 5 mars, lot 123.

Un autre des 14 roadsters a été vendu pour $ 10,4M incluant premium par Gooding le 21 août 2016. Elle avait participé comme voiture d'usine aux Mille Miglia 1932 et avait été maintenue en matching numbers.

Citons également une Type 55 carrossée en SuperSport avec des portières par Figoni, vendue pour € 4,6M incluant premium par Bonhams le 6 février 2020. Elle avait été pendant 56 ans la voiture préférée de son propriétaire, récemment décédé.

15 févr. 2020

Le Spider et son Toit

Le California Spider n'est pas un spyder et ne doit pas être confondu avec un cabriolet. C'est un coupé dont le toit a été enlevé.

En 1955 Ferrari est jaloux des succès de la Mercedes-Benz 300 SL. Il fait développer une berlinette sportive sur le châssis 250 GT. Dessinée par Pinin Farina et fabriquée par Scaglietti, ce modèle sera surnommé TdF après ses victoires dans le Tour de France.

En 1957 John von Neumann, agent de Ferrari pour la côte ouest des Etats-Unis, déplore que cette nouvelle voiture ne réponde pas à l'envie de ses clients pour une voiture de sports Européenne légère, agréable à conduire sous le soleil Californien.. Il suffirait d'ouvrir la berlinette.

Luigi Chinetti, importateur de Ferrari aux Etats-Unis, transfère l'idée de von Neumann à Enzo Ferrari. Ferrari n'est pas enthousiaste parce qu'il promeut le lancement du lourd cabriolet 250 GTC, assemblé sur le même châssis, qui sera connu sous le nom de Cabriolet Pinin Farina Prima Serie.

Si Ferrari n'avait pas avalisé la version sportive, Pinin Farina ou Scaglietti n'aurait pas eu de difficulté à offrir cette transformation sur demande privée. Le prototype de ce modèle au goût Californien est bien une Ferrari, réalisée par les mêmes sous-traitants que la TdF : dessin par Pinin Farina et fabrication par Scaglietti. Il est livré en janvier 1958 à un client de Chinetti.

En juin et juillet 1958, Scaglietti assemble sept voitures sur ce modèle. Quand il redémarre la production à l'automne 1958, Ferrari entérine enfin cette Speciale comme un nouveau modèle, la Ferrari 250 Granturismo Spyder California, abrégée en Ferrari 250 California, une désignation qui n'invite pas à une concurrence avec l'autre cabriolet. Spyder devient bientôt Spider pour décourager la comparaison avec le Spyder Porsche.

Les spiders du printemps 1958 ont avec les TdF certains poins communs qui seront différenciés ultérieurement, dont l'arrangement des fentes d'aération latérales et des feux arrière, et les pare-chocs. Elles offrent déjà la prestigieuse option des phares couverts et les options de capote pliante et de hardtop amovible.

Un seul de ces huit premiers spiders est vendu en Europe. Il est revenu en matching numbers après l'annulation en 1990 d'un échange de moteurs effectué en 1973 avec une 250 GT Ellena. Il a conservé ses principaux éléments d'origine, dont le châssis, la boîte de vitesses, les freins, la suspension et la carrosserie et est accompagné de son très rare hardtop d'usine. Les phares sont couverts.

Ce spider est estimé $ 9M à vendre par Gooding à Amelia Island le 6 mars, lot 43. Voici le lien vers le communiqué de presse.

14 févr. 2020

Les Géants du Jeu

Nintendo est un pionnier du jeu vidéo. Au milieu des années 1980, les technologies avancent à pas de géant. Les disquettes effaçables seront bientôt périmées. Intéressé par le CD-ROM, Nintendo approche Sony en 1988. Sony développe l'adaptation d'un lecteur CD-ROM sur la console de jeu Nintendo SNES sous le nom de SNES-CD. Dans cette phase de coopération, Sony équipe la console Super Nintendo avec un processeur sonore.

En juin 1991 Sony prévoit de dévoiler le SNES-CD. Pris de vitesse par Sony et inquiet de la future répartition des droits d'exploitation, Nintendo rompt immédiatement le contrat et se rapproche de Philips. Sony, qui jusque-là n'avait pas révélé d'intention d'entrer sur le marché du jeu, annonce immédiatement sa nouvelle marque PlayStation, à laquelle Nintendo ne parvient pas à s'opposer malgré une action devant la cour fédérale des Etats-Unis.

En 1992 Sony réalise 200 prototypes de l'adaptation du CD-ROM et du lecteur audio sur des consoles Nintendo, en envisageant une nouvelle coopération avec Nintendo qui n'aboutit évidemment pas. Ces prototypes sont détruits.

Un des 200 prototypes avait été mis de côté puis oublié par un dirigeant de la division américaine de Sony. Cette console a refait surface. Etudiée en détail et remise en fonctionnement par Ben Heck, cet unique survivant révèle les détails de l'adaptation préparée en 1992 par Sony. Définitivement convaincu de l'avenir des consoles de jeu, Sony lance la PlayStation en 1994.

La console de 1992 est marquée Sony et PlayStation, sans identification de Nintendo. Elle est la plus ancienne console de jeu équipée d'un lecteur de CD-ROM, mais Sony n'avait pas eu le temps de développer des jeux dans cette technologie. Le système audio incluait un commutateur permettant de lire un CD audio au lieu du son du jeu en cours.

Le propriétaire de ce prototype l'avait acquis pour $ 75 dans le débarras aux enchères d'une société à laquelle avait appartenu l'ancien dirigeant de Sony. Après la remise en état par Heck, il l'a exploitée dans des tournées de démonstration. Cette affaire n'était pas rentable. La console sera vendue par Heritage à Dallas le 6 mars, lot 93060. Trois semaines avant la vente, le record aux enchères dans la catégorie du jeu vidéo est déjà très largement dépassé. Je vous invite à regarder la vidéo partagée par la maison de ventes.

L'alliance de Nintendo avec Philips a échoué pour des raisons techniques. La première console Nintendo avec un lecteur de disque ne sortira pas avant 2001. En 2004 Sony annonce avoir vendu en dix ans 100 millions de consoles et 962 millions de jeux.



Torpédo sur Rolls-Royce

Avant la première guerre mondiale, le châssis Rolls-Royce 40/50 hp Colonial London and Edinburgh répond aux besoins les plus exigeants. Il réutilise les améliorations apportées en 1911 pour une démonstration de performances sur un trajet de Londres à Edimbourg et retour. La variante Colonial améliore l'autonomie. La 40/50 sera nommée Silver Ghost à partir de 1925.

Rolls-Royce ne réalise pas la carrosserie. Les clients de la London and Edinburgh aiment l'élégance des roadsters ouverts sans vitre latérale nommés phaéton, sports tourer ou torpédo. Une Colonial de 1913 par Mulliner a été vendue pour $ 1,87M incluant premium par Gooding en août 2007. Une autre par Reuters a été vendue pour $ 1M incluant premium par Bonhams le 2 octobre 2017.

Le 6 mars à Amelia Island, Gooding vend une 40/50 hp Colonial London to Edinburgh de 1914 Torpédo Phaeton par Kellner, dans un remarquable état d'originalité très apprécié dans les concours d'élégance. Elle est estimée $ 2,7M, lot 63. Voici le lien vers le communiqué de presse.

Pour une voiture de cette époque, l'authenticité est souvent le résultat de l'opiniâtreté d'un propriétaire enthousiaste.

Cette voiture avait été livrée neuve en 1914 à l'agent de la marque à Lisbonne. Elle avait perdu en 1931 sa carrosserie d'origine, prélevée pour équiper une autre Silver Ghost qui venait d'être accidentée.

Le vendeur actuel a acquis la Rolls-Royce en 2011 et s'est mis à chercher sa carrosserie Kellner d'origine, qu'il a retrouvée et achetée l'année suivante. Le réajustement a été réalisé en seulement quatre heures, sans modifications. L'alignement sans défaut de ces éléments séparés depuis huit décennies est un nouvel exemple de la perfection légendaire de Rolls-Royce. La voiture a ensuite été restaurée par un spécialiste de la marque.

13 févr. 2020

Type Compétition par Jaguar

En 1948 Jaguar développe une voiture de sports. La XK120 est d'abord fournie avec une carrosserie roadster à deux places. L'armature en bois sera bientôt remplacée par du métal. Elle est la plus rapide voiture de série de son temps.

Les clients sont enthousiasmés par cette voiture robuste qui est le modèle de série le plus rapide de son temps. Les clients privés obtiennent de très bons résultats dans les compétitions d'endurance. Après les 24 heures du Mans 1950, Jaguar franchit le pas et décide de développer un châssis de course.

La nouvelle Jaguar est la XK120C. Cette désignation peut prêter à confusion, mais le 120 qui attestait d'une garantie d'atteindre 120 mph n'avait pas besoin d'être modifié. La XK120C est connue sous le nom de C-Type. Dans les deux références le C signifie Competition.

Le Mans est spécialement visé. Pour sa première sortie en 1951, une C-Type gagne les 24 heures du Mans. L'année suivante, l'allongement du nez améliore l'aérodynamique au détriment du refroidissement. La C-Type retrouve la victoire au Mans en 1953 avec une carrosserie allégée.

La C-Type fait également sensation sur les circuits par la pureté et la simplicité inégalées de sa carrosserie de type barchetta, pour laquelle les éléments superflus ont été éliminés. Le pare-brise, qui empêche d'atteindre la vitesse de pointe maximum, devient une option. L'aileron de stabilisation apparaîtra en 1954 sur le modèle suivant, la D-Type.

53 C-Type ont été produites dont 43 pour la clientèle privée, toutes variantes confondues. La plupart ont subi un usage intensif et les voitures ayant conservé leur configuration d'origine sont très appréciées.

L'une d'elles, dont le numéro de carrosserie était en discordance avec le châssis, a été vendue pour € 7,2M incluant premium par Bonhams le 13 mai 2016 après une très convaincante démonstration de dernière minute selon laquelle son châssis avait été renuméroté de façon incorrecte en 1954 à l'usine.

Le 5 mars à Amelia Island, Bonhams vend une des premières C-Type commerciales assemblées en 1952. Elle est équipée de son châssis, de sa carrosserie, de son moteur et de sa boîte de vitesses d'origine. Au début des années 1960 son propriétaire avait préféré un moteur Chrysler mais avait soigneusement conservé le moteur et la boîte de vitesses d'origine qui ont été réinstallés par un autre amateur à la fin des années 1980.

Cette voiture est estimée $ 6,5M, lot 142. Je vous invite à regarder la vidéo préparée par la maison de ventes.

12 févr. 2020

Renault avec Vanderbilt

Willie K. Vanderbilt est le fils héritier d'un des hommes les plus riches d'Amérique. Il peut consacrer sa vie à ses loisirs. Il aime le yachting et la vitesse automobile.

Vanderbilt voyage souvent en Europe. Son premier véhicule à moteur, en 1898, est un tricycle De Dion-Bouton. En 1904 à Daytona, il approche les 150 km/h avec une Mercedes. Il crée la même année la Vanderbilt Cup, premier trophée automobile américain capable de faire contre-poids à la Gordon Bennett Cup.

La tendance dans les compétitions est l'utilisation de moteurs énormes. Une Renault AE 60 hp avec un déplacement de 13 litres participe en 1904 à la première Vanderbilt Cup. En 1906 au Mans, le tout premier Grand Prix de l'Automobile Club de France est gagné par une Renault AK 90 hp de même déplacement, très loin devant tous les autres concurrents. En 1907 Fiat construit la 130 hp Corsa avec un moteur de plus de 16 litres.

Ces monstres ne sont pas utilisables pour un usage privé. Ils sont ainsi indirectement à l'origine d'une nouvelle catégorie, la voiture de sports. Développé en 1907, l'American Underslung 50 hp est un roadster avec un moteur de 7,8 litres seulement.

La même année, Renault Frères introduit la AI (c) Sport 35/45 hp 7,5 litres. Sur un châssis AI, la carrosserie deux places également fabriquée par Renault est une version réduite de la AK. Les AI sont les premiers modèles équipés d'amortisseurs.

Renault livre en Amérique environ 10 AI Sport sur une commande groupée par Vanderbilt. Malgré sa carrosserie de course, elle n'était pas conçue pour concurrencer les grosses cylindrées, et son historique dans les plus prestigieuses compétitions américaines est limitée à une victoire en 1909 aux 24 heures de Brighton Beach à Coney Island. Aucune n'a participé à la Vanderbilt Cup.

Quatre de ces voitures identifiées sous le nom de Renault Vanderbilt racers ont survécu. L'une d'elles a été vendu pour $ 1,1M incluant premium par Gooding le 21 octobre 2006. Une autre sera vendue le 5 mars à Amelia Island par Bonhams, lot 159.

9 févr. 2020

Entre Contrebande et Prohibition

En 1494 le roi d'Ecosse autorise un moine à produire une eau de vie, uisge beatha en langue Gaélique, selon une recette locale à base de malt. Deux décennies plus tard, sous domination anglaise, les distilleries de whisky entrent dans la clandestinité. Plus tard, des taxations exorbitantes favorisent la contrebande.

A l'écart de toutes les routes mais très bien située face à l'Irlande, Campbeltown devient un des centres les plus prospères de cette production illicite. En 1823 un acte du Parlement apporte une licence aux distilleries. En 1828 Springbank, créée par les frères Mitchell, devient la 14ème distillerie légale à Campbeltown.

En 1920 la prohibition américaine met fin à l'exportation des whiskys vers cet important marché et à l'importation des tonneaux de bourbon, portant un coup fatal à presque toutes les distilleries de Campbeltown, également pénalisées par la fermeture d'une importante mine de charbon.

Autour de 1970 de l'autre côté des Highlands, Glenfiddich commence à promouvoir la consommation du single malt whisky. Le single malt n'était jusque-là qu'une étape intermédiaire avant les mélanges.

A Campbeltown, Springbank a survécu, restant jusqu'à nos jours la propriété des descendants des frères Mitchell. La mise en bouteille en 1970 d'un single malt distillé en décembre 1919 est un évènement, un peu comme si l'on avait retrouvé en France un tonneau de vin antérieur au phylloxera.

Le Springbank 1919 50 ans a été édité en 24 bouteilles sérialisées. Une d'elles a été vendue pour £ 266K incluant premium par Sotheby's le 24 octobre 2019. La bouteille 12/24 sera vendue par Whisky Auctioneer au lot 224432 dans la première vente en ligne de la colllection Gooding qui se termine le 17 février. Voici le lien vers la vidéo annonçant la vente.

8 févr. 2020

Grandes Collections de Whiskies

Trois grandes collections des plus rares whiskies ont fait surface récemment. En octobre 2019 à Sotheby's, The Ultimate Whisky Collection a rapporté £ 7,6M incluant premium avec 467 bouteilles réparties en 394 lots. Le mois suivant, un homme d'affaires Vietnamien faisait certifier par le Guinness World Records sa collection de 535 bouteilles de whisky écossais et japonais.

La collection Gooding est The Perfect Collection, en quantité et en qualité. Réunissant 3900 bouteilles, elle a été révélée en décembre 2019 par Whisky Auctioneer, la société basée à Perth en Ecosse qui est chargée de sa dispersion. La vente en ligne est organisée en deux sessions. La première se termine le 17 février, la seconde le 20 avril. Je vous invite à regarder la vidéo partagée par la maison de ventes sur Vimeo.

Richard Leonard Gooding avait fait fortune comme propriétaire et PDG de la Pepsi Cola Bottling Company of Denver, Colorado, fondée par son grand-père en 1936, qu'il avait revendue en 1988 à la maison-mère Pepsi Co. Réputé pour sa philanthropie et pour sa discrétion, il était connu de ses voisins pour son exceptionnelle collection de cravates Leonard.

Gooding a fait de nombreux voyages en Ecosse et en Irlande à la recherche des meilleures bouteilles, à une époque où les salles de dégustation n'étaient pas encore à la mode. Un jour, en visitant la distillerie Macallan, leader incontestée sur ce marché, il se fait présenter les bouteilles les plus prestigieuses. L'employé lui demande laquelle il désire acheter. Il répond : "I want them all."

Toute grande collection doit inclure le légendaire Macallan 1926 60 ans, dont la mise en bouteilles en 1986 a été limitée à 40 bouteilles provenant d'un seul tonneau.

Cette édition a commencé avec deux sous-séries de 12 bouteilles chacune avec une étiquette illustrée par Peter Blake pour la première et par Valerio Adami pour la seconde. Chaque sous-série est sérialisée de 1 à 12, et chaque bouteille est conditionnée dans le tantalus safety cabinet.

En 2003 les bouteilles restantes ont reçu la nouvelle étiquette standard des séries Fine and Rare de la marque, pour lesquelles elles représentent la distillation la plus ancienne. Entre-temps, au moins deux d'entre elles avaient été vendues sans étiquette.

The Ultimate Whisky Collection incluait une Fine and Rare, vendue pour £ 1,45M incluant premium. La collection Vietnamienne a trois bouteilles dont une Fine and Rare.

Deux Macallan 1926 60 ans occupent la plus haute position dans la collection Gooding. L'Adami 12/12 est dans la première session de ventes, lot 224426. La Fine and Rare est attendue pour la seconde session.


7 févr. 2020

Le Labyrinthe en Flammes

Maria Helena Vieira da Silva rejoint les avant-gardes artistiques à Paris en 1928. Elle a 20 ans. Bien que son art soit d'une extrême originalité, elle est influencée par les perspectives multiples des Cubistes et la fragmentation de l'espace par les Futuristes.

Son graphisme minutieux à la fois architecturé et foisonnant est guidé par des lignes de forces, dans une géométrie sans cesse renouvelée, à la limite entre l'abstraction et la figuration. Elle comprendra vers la fin de sa vie qu'elle a maintenu une passion d'enfance pour les labyrinthes, dont l'exploration révèle des visions cachées.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle est à Rio avec son mari Arpad Szenes, un Juif qui a dû fuir le Nazisme. Elle intègre alors dans ses oeuvres des foules de damnés, comme par exemple dans Le Naufrage peint en 1944.

L'Incendie est également réalisé en 1944, en deux huiles sur toile 81 x 100 cm. L'ambiance étouffante aux couleurs sombres est une allusion directe aux désastres de la guerre. Les interstices entre les langues de feu dévoilent toute une armée et quelques maisons. L'Incendie I a été vendu pour £ 2,05M incluant premium par Christie's le 6 mars 2018 sur une estimation basse de £ 1,1M.

L'Incendie II a longtemps été conservé par l'artiste. Rentrée à Paris après la guerre, elle l'a retouchée pour positionner en plein centre une lumière métaphysique intense qui symbolise l'espoir retrouvé. Cette peinture est estimée £ 1,2M à vendre par Sotheby's à Londres le 11 février, lot 29.

3 févr. 2020

Bugatti pour les Dames

Les femmes ne veulent plus être exclues du sport automobile. En 1926 la duchesse douairière d'Uzès fonde le French Women's Automobile Club, compensant l'interdiction faite aux femmes d'être membres de l'Automobile Club de France.

Les réunions automobiles, souvent organisées par les journaux, sont très à la mode. Elles consistent en une grande variété d'épreuve dont des concours d'élégance féminine qui attirent les starlettes. En 1929, sur commande d'un magazine de mode, Tamara de Lempicka peint son auto-portrait imaginaire conduisant une Bugatti verte.

Eliska Junkova, courant sous le pseudonyme d'Elisabeth Junek, est la première femme capable de rivaliser avec les hommes dans les compétitions majeures. Avec une Bugatti 35 B, elle termine 5ème de la Targa Florio 1928 après avoir mené la course pendant le deuxième tour.

Janine Jennky jouait à Pigalle dans des vaudevilles. Elle achète en 1927 une Bugatti 35 C avec laquelle elle gagne la course de côte de Gaillon.

En 1928 elle vend sa première Bugatti et achète une autre 35 C qui avait fait partie de l'équipe d'usine dans la Targa Florio. Elle gagne avec cette seconde voiture la Coupe de Bourgogne. Elle devient ainsi la première femme à gagner un Grand Prix, et restera la seule à avoir réussi cet exploit. Wikimedia partage une image publiée par Le Sport Universel Illustré, montrant Mme Jennky en action pendant cette compétition, devançant la Bugatti 37 A de Mme Schell.

Elle ne parvient pas à revenir en compétition en 1929, probablement pour une raison de santé. Elle disparaît de l'histoire après avoir vendu sa seconde 35 C à Jean de Maleplane qui gagne en 1930 le Grand Prix d'Oran.

Cette 35 C est un exemple typique de la robustesse légendaire des Bugatti. Malgré une importante utilisation en compétition par ses trois premiers propriétaires privés, elle est encore dans un impeccable état de fonctionnement avec son moteur, son châssis, sa carrosserie et ses équipements d'origine.

Elle est estimée £ 3M à vendre par Gooding à Londres le 1er avril, lot 16. Voici le lien vers le communiqué de presse. Je vous invite à regarder la vidéo partagée par la maison de ventes.



Janine Jennky victorieuse de la Coupe de Bourgogne 1928, sur Bugatti 35C

2 févr. 2020

Redémarrage d'une Atalante

Proche des Bentley Boys, le 5ème comte Howe est un gentleman driver, président de 1929 à 1964 du British Racing Drivers' Club. Il participe à sa première compétition à 44 ans, en 1928, avec une Bugatti Type 43. Associé à Tim Birkin, il gagne les 24 heures du Mans en 1931 avec une Alfa Romeo.

Egalement président du Bugatti Owners' Club, Earl Howe suit attentivement toutes les évolutions de la marque. Il utilise pour les Grands Prix une Type 51 en 1931, une Type 54 en 1932 et une Type 59 en 1935 et 1936. Une 57T spécialement construite pour lui par Bugatti en 1935 a été vendue pour € 710K incluant premium par Bonhams le 8 février 2018.

Pour son usage personnel, cet aristocrate veut le meilleur. Il commande en novembre 1936 à Bugatti une Type 57 avec le nouveau châssis surbaissé 57 S et la nouvelle carrosserie en coupé Atalante développée pour Jean Bugatti. Sa voiture est terminée en mai 1937.

En 1960 le nouveau propriétaire de cette Atalante, malade et reclus, cesse de s'en occuper. Après sa mort en 2007, ses héritiers la retrouvent intouchée depuis près d'un demi-siècle, couverte de poussière, avec seulement 42 000 km au compteur.

La voiture fait surface dans la vente Bonhams à Retromobile le 7 février 2009, lot 142. Un nettoyage a permis de confirmer qu'elle est restée dans sa configuration d'origine, à part quelques éléments secondaires comme les rétroviseurs et les pare-chocs et un compresseur ajouté en 1948. Les experts de Bonhams estiment que son moteur qui n'a pas tourné depuis un demi-siècle pourra être redémarré après un démontage et une reconstruction. Elle est vendue pour € 3,4M incluant premium. Je l'avais discutée dans cette chronique avant cette vente.

Le moteur d'origine a redémarré comme prédit. L'Atalante est estimée £ 7M à vendre par Gooding à Londres le 1er avril, lot 5. Voici le lien vers le communiqué de presse. Je vous invite à regarder la vidéo partagée par la maison de ventes.

1 févr. 2020

Le Rookie Patch de LeBron James

Fondée en 1988, Upper Deck Company intègre des produits dérivés dans les trading cards, comme par exemple la signature autographe à partir de 1990, le petit morceau de maillot à partir de 1991, la mèche de cheveux à partir de 2008.

Leur concept de haut de gamme Exquisite Collection démarre pour la saison 2003-04 avec le basketball. Pour $ 500, le collectionneur achète une boîte qui contient trois paquets de cinq cartes chacun. L'achat est fait en aveugle : il n'est pas possible de connaître la liste des vues avant de desceller l'emballage.

Cette série 2003-04 est composée de 42 cartes de vétérans et 36 cartes de rookies de la NBA. Chaque paquet inclut une carte de rookie, intitulée Exquisite Rookie Patch. La carte de rookie a été préparée en 99 exemplaires sérialisés et inclut la photo du joueur, une pièce de son maillot et sa signature autographe. Le dos est un certificat d'authenticité de la signature autographe et du maillot.

Par chance pour les collectionneurs, cette saison 2003-04 est le rookie year de LeBron James, déjà célèbre pour sa précocité et qui deviendra un des meilleurs joueurs de basketball de tous les temps.

Une boîte non ouverte, dont le contenu n'était donc pas connu pendant la vente, a été vendue pour $ 66K incluant premium par Heritage en juillet 2018.

Un Rookie Patch de LeBron James, gradé par Beckett NM/MT+ 8,5 pour la carte et 10 pour l'autographe, a été vendu pour $ 264K incluant premium par Goldin en octobre 2019. Un autre exemplaire est offert dans la vente en ligne par Heritage qui se termine le 22 février, lot 50022. Il est gradé Mint 9 pour la carte et 10 pour l'autographe, également par Beckett. Sur ces deux exemples le centrage, sous-gradé 9,5, est presque parfait.