9 févr. 2020

Entre Contrebande et Prohibition

En 1494 le roi d'Ecosse autorise un moine à produire une eau de vie, uisge beatha en langue Gaélique, selon une recette locale à base de malt. Deux décennies plus tard, sous domination anglaise, les distilleries de whisky entrent dans la clandestinité. Plus tard, des taxations exorbitantes favorisent la contrebande.

A l'écart de toutes les routes mais très bien située face à l'Irlande, Campbeltown devient un des centres les plus prospères de cette production illicite. En 1823 un acte du Parlement apporte une licence aux distilleries. En 1828 Springbank, créée par les frères Mitchell, devient la 14ème distillerie légale à Campbeltown.

En 1920 la prohibition américaine met fin à l'exportation des whiskys vers cet important marché et à l'importation des tonneaux de bourbon, portant un coup fatal à presque toutes les distilleries de Campbeltown, également pénalisées par la fermeture d'une importante mine de charbon.

Autour de 1970 de l'autre côté des Highlands, Glenfiddich commence à promouvoir la consommation du single malt whisky. Le single malt n'était jusque-là qu'une étape intermédiaire avant les mélanges.

A Campbeltown, Springbank a survécu, restant jusqu'à nos jours la propriété des descendants des frères Mitchell. La mise en bouteille en 1970 d'un single malt distillé en décembre 1919 est un évènement, un peu comme si l'on avait retrouvé en France un tonneau de vin antérieur au phylloxera.

Le Springbank 1919 50 ans a été édité en 24 bouteilles sérialisées. Une d'elles a été vendue pour £ 266K incluant premium par Sotheby's le 24 octobre 2019. La bouteille 12/24 sera vendue par Whisky Auctioneer au lot 224432 dans la première vente en ligne de la colllection Gooding qui se termine le 17 février. Voici le lien vers la vidéo annonçant la vente.