26 mars 2020

La Lionne de Guennol

VENTE PASSEE

La Lionne de Guennol a été vendue pour $ 57M incluant premium par Sotheby's le 5 décembre 2007, lot 30. L'image est partagée par Wikimedia.

Cette figure en pierre très finement ciselée de 8,3 cm de haut a la tête d'une lionne sur un corps humain. Elle provient certainement du plateau Iranien et a été vendue en 1931 à un marchand New Yorkais. Son excavation précède ainsi les fouilles de Tell Agrab, commencées en 1936 par une équipe de l'Université de Chicago intriguée par d'autres trouvailles chez les antiquaires de Bagdad.

Ces représentations hybrides entre humain et félin remontent aux cultures préhistoriques. L'homme-lion en ivoire de la grotte de Hohlenstein-Stadel, daté de 35 000 à 40 000 ans par le radiocarbone, est le plus ancien exemple authentifié d'art figuratif. La grotte Chauvet, peinte il y a 30 000 ans, inclut également un hybride lion-femme.

La Lionne de Guennol a été sculptée il y a environ 5 000 ans. Elle appartient à la culture proto-Elamite, caractérisée par le développement d'une proto-écriture qui n'a pas été décryptée. Elle est antérieure de quelques siècles à l'utilisation du sphinx comme gardien des nécropoles Egyptiennes.

Elle est unique en son genre en ronde bosse, mais est apparentée à des figures similaires qui soulèvent des montagnes ou d'énormes troncs dans l'iconographie sigillaire en deux dimensions. Ces représentations sont donc des symboles d'extrême puissance, confirmés dans la Lionne de Guennol par l'hypertrophie des muscles et la position autoritaire de la tête. La tête est percée, permettant une utilisation en suspension autour du cou d'un éminent personnage.

Son nom et son rôle exact dans la mythologie de l'époque ne sont pas connus. Elle doit être considérée avec sa contrepartie mâle, une tête de taureau sur un corps humain, dont une figure agenouillée est conservée au Metropolitan Museum de New York. Contrairement à la Lionne de Guennol dont les mains sont jointes sur l'abdomen, cet hybride proto-Elamite tient un récipient liturgique.

Guennol est le pseudonyme choisi par le couple de collectionneurs qui l'ont acquise en 1948 et ont confié son exposition pendant presque 60 ans au Brooklyn Museum of Art.

Guennol Lioness