2 avr. 2020

Le Codex Leicester de Léonard de Vinci

VENTE PASSEE

A partir de 1475, Léonard de Vinci enregistre quotidiennement toutes ses idées sur la nature du monde dans toute sa variété, sous forme de notes en langue italienne ancienne illustrées de croquis. Dans cette boulimie polygraphique, il produit environ 13 000 pages, sur des feuilles recto-verso pliées en deux.

Léonard n'est ni un savant ni un ingénieur au sens moderne du terme. Il ne perd pas son temps à analyser les conséquences de ses théories ni à concevoir la réalisation de ses inventions. Dans son fourmillement d'idées, il pouvait avoir merveilleusement raison et naïvement tort, et il était certainement incapable de faire la part des choses entre ces deux extrêmes.

Pour ce gaucher, l'écriture en miroir est le moyen qu'il a trouvé pour que sa pensée ne soit pas ralentie par sa main. L'utilisation de très nombreuses abréviations, qui rend ces textes d'une extrême difficulté à déchiffrer, est cohérente avec cette hypothèse. On ne saura jamais comment il pensait exploiter cette masse d'informations unique en son genre.

Ces écrits ont été assemblés en carnets, identifiés sous le terme plus technique de codex. Le Codex Leicester est le seul restant en mains privées. Il a été vendu deux fois par Christie's, pour $ 5,1M le 12 décembre 1980 et pour $ 31M incluant premium le 11 novembre 1994. Entre ces deux ventes il a été appelé le Codex Hammer. Il a été acheté par Bill Gates à cette dernière vente. L'image est partagée par Wikimedia.

Le Codex Leicester est constitué de 18 doubles feuillets en parchemin pour un total de 72 pages 22 x 30 cm. Il réunit des notes écrites autour de 1510 sur le thème des mouvements de l'eau. L'auteur imagine que ses idées pourront être utilisées pour la conception des ponts.

Son observation sur la présence de fossiles dans les montagnes amène une explication très en avance sur son temps : ils étaient à l'origine dans un fond marin qui a été soulevé par un phénomène géophysique. Cette hypothèse est d'autant plus remarquable que les religions monothéistes de son temps ne remettent pas en question le créationnisme.

Dans le même carnet, il explique la luminosité de la Lune par la réflexion de la lumière solaire sur sa surface entièrement couverte d'eau.

Vinci - Hammer 2A