3 avr. 2020

Le Massacre des Innocents par Rubens

VENTE PASSEE

Quand Rubens revient à Anvers en novembre 1608, il apporte avec lui les nouvelles tendances baroques de l'art Italien. Il exerce son art pour les très importantes commandes des églises d'Anvers enfin libérées des guerres de religion, et aussi pour des clients privés.

Très influencé par l'art du Caravage à cette époque, Rubens montre des scènes dramatiques lourdement émotionnelles, avec des compositions dynamiques et complexes, des lumières violentes, des corps tordus par la haine ou le désespoir. Il utilise des écorchés comme modèles de ses effrayants nus de soudards.

Deux peintures réalisées pour un usage privé au début de cette nouvelle phase entrent ensemble en 1702 dans la collection des princes de Liechtenstein. Par suite d'une perte de traçabilité dans les inventaires de la collection Liechtenstein, les deux oeuvres sont plus tard attribuées à un assistant de la fin de carrière de Rubens nommé Jan van den Hoecke.

Samson et Dalila est une huile sur bois 185 x 205 cm peinte à l'origine pour la collection du lord maire d'Anvers. Le thème du colosse neutralisé par l'ingéniosité des femmes, montré à l'instant fatal, peut être comparé avec la Judith du Caravage. La version originale a été authentifiée en 1929 et vendue par Christie's le 11 juillet 1980 pour £ 2,53M incluant premium.

Le Massacre des Innocents (De kindermoord te Bethlehem) était connue par une copie conservée à Bruxelles. La version attribuée à van den Hoecke est apportée pour vente à Sotheby's. Comparant cette huile sur bois 142 x 182 cm avec le Samson et Dalila, l'expert de la maison de ventes reconnaît qu'il a en mains le véritable original de Rubens.

Cette réattribution est convaincante. Le Massacre des Innocents est vendu pour £ 50M incluant premium par Sotheby's le 10 juillet 2002 sur une estimation basse de £ 4M. Voici le lien vers le communiqué de presse  publié avant la vente. L'image est partagée par Wikimedia.

La date de 1610 est considérée comme la plus probable pour la création de cette oeuvre. Le fond de l'image ne montre pas Bethléem mais le temple de Castor et Pollux, prouvant que Rubens restait ébloui par les beautés de Rome. Elle a été aussi considérée comme une réminiscence des atrocités des guerres de religion. C'est incontestablement un chef d'oeuvre de Rubens, dans un état proche de la perfection.

Peter Paul Rubens (1577-1640) De kindermoord te Bethlehem - Rubenshuis Antwerpen 27-09-2018