9 avr. 2020

Les Courses au Bois de Boulogne par Manet

VENTE PASSEE

Edouard Manet et Edgar Degas ont magistralement bousculé le classicisme. En s'appuyant sur leurs prédécesseurs, ils trouvent des idées nouvelles pour la mise en scène et les couleurs.

Manet s'introduit sans difficulté dans les cercles d'artistes. Il aime la vie mondaine et n'attend pas la reconnaissance des Salons. Ses thèmes sont illimités. Avant lui, Courbet allait déjà complaisamment jusqu'au scandale. Baudelaire puis Zola reconnaissent l'originalité de son approche.

Le 5 mai 2004, Sotheby's a vendu pour $ 26,3M incluant premium Les Courses au Bois de Boulogne, huile sur toile 73 x 94 cm peinte en 1872 par Manet, lot 13, provenant de la collection d'un des plus célèbres propriétaires de chevaux de course, John Hay Whitney. L'image est partagée par Wikimedia.

L'artiste a habilement mêlé l'observation et l'imitation. Il semble que la topographie de l'hippodrome de Longchamp ait été peinte sur place en plein air.

Manet avait démontré quelques années plus tôt dans ses premières scènes de tauromachie que la participation directe à l'évènement n'était pas essentielle, puisqu'il pouvait s'appuyer sur Goya. Ici les chevaux en plein galop volent tous avec les quatre pattes en l'air, comme dans le Derby d'Epsom peint par Géricault en 1821, acquis par le Louvre en 1866. La position imperturbable des jockeys en pleine course n'est pas réaliste : l'effort sportif n'a manifestement pas été compris par Manet.

La peinture de Manet est cependant d'une grande modernité. La piste et la pelouse sont bleu outre-mer, mettant en valeur les contrastes dans une liberté de couleurs qui anticipe l'expressionnisme de plusieurs décennies. L'éloignement des sujets est marqué par un flou croissant, comme si c'était une photographie focalisée sur l'action en cours au premier plan. Cet artifice donne à l'ensemble un effet de profondeur, différent des solutions recherchées par ses amis impressionnistes.

Edouard Manet 052