25 mai 2020

Cristo della Minerva par Michel-Ange

VENTE PASSEE

La révélation progressive de la sculpture antique suscite l'enthousiasme des mécènes. Michel-Ange devient le grand spécialiste du nu masculin. Sur ce thème, David, terminé en 1504 quand l'artiste n'a pas encore 30 ans, est son chef d'oeuvre. Cette statue monumentale est aussi un exploit technique, réalisé dans un bloc de marbre dont les dimensions gigantesques avaient découragé ses prédécesseurs.

A partir de 1505, Michel-Ange est à Rome. Son mécène, avec qui les relations sont souvent difficiles, est le pape Jules II, qui reconstruit la basilique Saint-Pierre autour du projet de son tombeau monumental dont l'exécution est confiée à Michel-Ange. C'est également à cette période que Michel-Ange peint le plafond de la chapelle Sixtine.

Jules II meurt en 1513. En attendant les instructions de ses héritiers pour continuer ou pas de travailler sur le tombeau, Michel-Ange accepte de travailler pour d'autres clients.

En 1514 il reçoit une commande pour un Christ rédempteur grandeur nature qui ornera un autel funéraire dans l'église Santa Maria della Minerva à Rome. Ce Christ sera debout, haussant passionnément la croix dans une nudité totale qui attestera de sa pureté.

Michel-Ange est très enthousiaste, évidemment, pour ce projet qui convient parfaitement à sa conception fervente mais quelque peu offensante de la piété chrétienne. Selon sa pratique habituelle, il commence à préparer des dessins d'une grande précision graphique pour anticiper les formes et les lumières. Un grand nombre de ces esquisses ont été détruites par l'artiste lui-même parce qu'elles donnaient trop d'informations sur son savoir-faire.

Un dessin  24 x 21 cm double face entremêlant des figures préparatoires pour le Cristo della Minerva a survécu. La face communément considérée comme le verso est certainement la première. Elle inclut une étude de jambes et pieds. Sur l'autre face, le corps sert de support pour une étude hachurée des textures de l'abdomen. Ce dessin a été vendu pour £ 8,1M incluant premium par Christie's le 4 juillet 2000, lot 83.

Deux statues en marbre de ce vigoureux Christ ont été réalisées. La première, autographe, a été abandonnée après que le ciselage de la joue gauche ait révélé une veine noire dans le marbre. La seconde, endommagée par des apprentis maladroits, a fini par être garantie comme authentique par Michel-Ange, non sans réticence. Elle a été qualifiée de mirabilissima par Vasari. A l'époque de la Contre-Réforme, les catholiques ajouteront les stigmates, ainsi qu'un linge en bronze pour cacher les organes sexuels.