27 mai 2020

Study for Bullfight par Bacon

VENTE PASSEE

La vie est une lutte qui doit inclure des risques. Michel Leiris cherche un rituel pour expliquer sa conception de la littérature. Il trouve la tauromachie, ce jeu en public entre l'homme et la bête dont un des deux mourra. Il publie en 1938 un essai intitulé Miroir de la Tauromachie.

Francis Bacon, artiste existentialiste, connaissait bien le travail de Leiris, célèbre pour son influence réciproque avec Sartre. En 1966 Leiris envoie à Bacon une copie de son Miroir. Bacon y voit un nouveau thème pour son art, avec une allusion sexuelle dans le rapprochement physique entre l'homme et le taureau. Il trouve des photos dans le livre de mémoires du matador Antonio
Ordóñez.

En 1969 Bacon prépare des toiles 200 x 148 cm, probablement pour un projet de triptyque. Deux versions, Study for Bullfight No. 1 et No. 2, montrent l'action instantanée au moment où le taureau passe la cape du matador. L'arène est une zone circulaire sans arrière-plan, avec un haut paravent concave dans lequel l'artiste installe la foule des spectateurs.

L'excitation sexuelle n'est pas atteinte dans ces images trop réalistes. Il peint la Second Version of Study for Bullfight No. 1, avec deux modifications majeures. Le paravent est devenu vide, accentuant l'intimité des deux protagonistes de l'action. Au premier plan, un spermatozoïde est démesurément grossi, et libéré d'une ombre humaine sur laquelle elle avait été posée.

Second Version of Study for Bullfight No. 1 a été vendue pour $ 46M incluant premium par Sotheby's le 14 novembre 2007, lot 29.

Bacon n'est ni Hemingway ni Picasso. Il se rend probablement compte qu'il est illusoire de traiter ce thème avec son expérience trop limitée des corridas. Son matador au visage noirci ne peut pas intéresser les aficionados. Il ne fera pas le triptyque.