6 mai 2020

Un Tomahawk pour la Révolution

Le tomahawk est à l'origine une hache conçue par les Algonquins. Après la rencontre avec les colons, la lame de pierre est remplacée par du métal. L'installation d'un marteau, d'une pointe ou d'une pipe sur le manche de l'autre côté de la lame donne au tomahawk son apparence traditionnelle. Les armuriers de la frontière américaine fabriquent aussi des tomahawks pour faciliter le commerce avec les tribus natives.

A la fin des années 1760 Richard Butler devient armurier à Fort Pitt en Pennsylvanie. Au cours de la décennie suivante, il obtient un traité de neutralité avec les Indiens Shawnee et Delaware. Ses archives attestent de la production de tomahawks.

La guerre révolutionnaire éclate. Les nouveaux régiments s'équipent non sans difficulté. Les fusils du Battalion of Pennsylvania Riflemen ne sont pas compatibles avec des baïonnettes. Les soldats utilisent des tomahawks comme arme secondaire.

Le 27 mai à Denver PA, Morphy vend un tomahawk pipe, lot 1019 estimé $ 300K ici lié sur la plate-forme d'enchères LiveAuctioneers.

Ce tomahawk réalisé pour un officier des Riflemen est monté en argent avec des incrustations décoratives du même métal. Le manche en érable est décoré avec des épines de porc-épic teintes en rouge, noir et blanc dans le goût Shawnee.

Il est signé par Butler et inscrit au nom du Lt Maclellan. John McClellan et Richard Butler étaient tous deux originaires de Carlisle PA, ce qui peut expliquer que l'armurier a réalisé une luxueuse pièce de présentation pour cet officier.

McClellan n'a pas profité longtemps de son tomahawk. Il fait partie des troupes qui quittent le siège de Boston le 11 septembre 1775 avec Benedict Arnold mais les conditions de la marche sur Québec sont trop dures et il meurt. Le tomahawk récupéré par son frère est pris par les Britanniques comme trophée de guerre pendant la bataille de Québec.