21 juin 2020

Tournesols contre la Mélancolie

Henry Geldzahler meurt en 1994 d'un cancer du foie, à l'âge de 59 ans. David Hockney, qui a deux ans de moins, perd son plus efficace soutien en Amérique. Très choqué par cette disparition prématurée et inquiet pour la santé de sa propre mère, David réagit. En 1995 il peint une série de portraits de ses chiens qui n'ont aucune raison de suivre sa mélancolie.

Sa tristesse est profonde et ce premier remède n'est pas suffisant. Il cherche à prendre exemple sur ses prédécesseurs les plus illustres, en commençant par une exposition Monet à Chicago. Il fait un aller et retour à La Haye pour l'exposition Vermeer, dans laquelle il est subjugué par la transparence intacte des couches de couleurs.

Galvanisé par ces exemples, il réalise en 1996 une série de 25 peintures de fleurs. L'une des deux plus grandes montre 30 fleurs de tournesols réparties en cinq bouquets. Cette huile sur toile 183 x 183 cm a été vendue par Phillips de Pury le 12 mai 2011 pour $ 2,55M incluant premium, un très bon prix pour une oeuvre de Hockney à cette époque. Elle sera vendue par Sotheby's à Hong Kong le 9 juillet, lot 1118. Je vous invite à regarder la vidéo partagée par la maison de ventes.

Cette peinture suit l'exemple de Monet en 1881 et de van Gogh en 1888 en réunissant plusieurs phases de la floraison, tandis qu'un tournesol fané sur la table à l'avant-plan rappelle Nature Morte à l'Espérance, la peinture tragique réalisée par Gauguin en 1901, deux ans avant sa mort.

Hockney a expliqué un jour le choix de ce thème : “I have always painted flowers for friends who were ill.” Sa capacité à la résilience s'est encore exprimée cette année pendant la crise sanitaire du Covid-19. Une peinture montrant des jonquilles dans un pré est intitulée "Do remember they can't cancel the spring".