17 juil. 2020

La Femme de Rêve de Joan Miro

Quand Breton prépare en 1924 le Manifeste du Surréalisme, ce mouvement est surtout littéraire. C'est Miro qui fera la jointure entre l'art et la poésie, avec son cycle de peintures de rêve. Les titres exubérants font place à une description minimaliste : "Peinture", parfois suivie d'un sous-titre.

Cette phase culmine en 1927 avec la période bleue. Le fond est un bleu ciel opaque, azul en espagnol. Cette couleur trop saturée mais très lumineuse décourageait traditionnellement les artistes mais pouvait évoquer une spiritualité. Elle inspirera l'IKB transcendantal de Klein.

La technique graphique de l'artiste est sans précédent. L'image s'approche d'une réalité très schématisée, par les taches de couleurs vives qui parsèment sa surface. Le rêve est un trait noir d'une grande finesse qui complète les formes précédentes et souvent les contredit. Il reprendra cette opposition avec virtuosité dans sa série de guerre des Constellations.

Cette dualité graphique est présente dans Peinture (Etoile bleue), qui tire son sous-titre d'une étoile bleu de cobalt. La figuration est un minuscule funambule dans un mouvement tournoyant. Cette huile sur toile 115 x 89 cm a été vendue pour £ 23,5M incluant premium par Sotheby's le 19 juin 2012.

Le 28 juillet à Londres, Sotheby's vend Peinture (Femme au chapeau rouge), huile sut toile 130 x 97 cm, lot 17 estimé £ 20M. Cette oeuvre atteste de l'influence de Miro sur Calder qui l'avait acquise en 1966.

Aidé par le sous-titre, l'observateur trouve vite la tache qui représente le chapeau. L'image de la femme se crée progressivement de haut en bas, avec l'encolure dorée, le corset noir et le grand tablier blanc qui vole au vent. La ligne noire pourrait confirmer le torse si elle ne débordait pas au-dessus du chapeau. Dans la partie basse de l'image, elle forme une sorte de crinoline à gauche du tablier.

Le tweet ci-dessous a décapité la femme rêvée par Miro !