30 août 2020

Commode par Carlin et Weisweiler

VENTE PASSEE

Le 11 décembre 1999, Christie's a vendu pour FF 46M incluant premium, qui correspondront plus tard à € 7M, une commode Louis XVI à encoignures estampillée à la fois par Carlin et Weisweiler, sur une estimation basse de FF 15M.

Ce meuble 91 x 135 x 51 cm répond à la mode des incrustations de matériaux luxueux lancée sous Louis XV par le marchand-mercier Poirier. Elle est en placage d'ébène, bois noirci, marqueterie de cuivre et d'étain, incrustations en relief de pietra dura des Gobelins, tableaux florentins en marqueterie de pietra dura, et ornée de bronzes dorés.

Daguerre succède à Poirier en 1777. L'ébéniste Carlin, qui est un des principaux fournisseurs de Poirier et Daguerre, meurt en 1785. Weisweiler succède de facto à Carlin pour la fourniture à Daguerre.

Les plaques florentines constituent l'élément majeur de la décoration. Elles ont été récupérées sur un cabinet fabriqué autour de 1700 dans les ateliers grands-ducaux. Passés de mode, les cabinets florentins monumentaux des collections royales françaises avaient été revendus par le Garde Meuble à partir de 1741.

La commode n'est pas listée dans l'inventaire après décès de Carlin et sa marque est sans doute posthume, avant le remariage de sa veuve avec un autre ébéniste en 1786.

Daguerre s'établit de façon permanente en 1789 à Londres où le prince de Galles, futur George IV, est en train de meubler dans le plus grand luxe sa nouvelle résidence de Carlton House. 

L'inventaire du salon du conseil de Carlton House, effectué en 1793, liste deux commodes à pietra dura, similaires entre elles. L'une d'elles, conservée dans la collection royale britannique et estampillée par Weisweiler, est probablement la commode vendue par James Christie en mars 1791 en provenance directe du stock transféré à Londres par Daguerre. L'autre, qui n'apparaît plus en 1806 dans la collection du prince de Galles, est probablement la commode Carlin-Weisweiler.