25 août 2020

La Soupière Penthièvre-Orléans

VENTE PASSEE

Nommé orfèvre du roi en 1723, Thomas Germain est le maître de l'argenterie rococo. Il cisèle sur ses pièces une pléthore d'éléments de repas, légumes, artichauts, écrevisses, coquillages, oiseaux, enchevêtrés dans le style des peintures de natures mortes. Le réalisme laisse supposer qu'il a effectué des moulages d'après nature, selon une technique qu'il aurait apprise pendant son apprentissage à Rome.

Un de ses chefs d'oeuvre, réalisé en 1733-1734, est une paire de soupières couvertes, avec deux poignées à tête de sanglier et six pieds de cochon, pesant plus de 13 kg chacune avec le plateau et le support.

Cette paire appartenait à Henry Janssen, un anglais naturalisé français en 1741 qui était un courtisan du comte d'Eu, petit-fils de Louis XIV par la Montespan. Janssen avait une importante collection d'argenterie, un symbole d'opulence à son époque. 

En 1759 toute l'argenterie française est réquisitionnée pour financer la Guerre de sept ans. Eu en profite pour récupérer la collection Janssen qui évite ainsi d'être fondue. Cet ensemble constitue la majeure partie de la collection du duc de Penthièvre, cousin et héritier d'Eu, qui rassemblait 370 kg de pièces d'argenterie par les plus grands orfèvres de l'époque Louis XV : Germain, Ballin, Balzac, Auguste, Durant. 

230 kg sont fondus après confiscation pendant la Révolution. Le reste constitue après restitution au futur roi Louis-Philippe, petit-fils de Penthièvre par sa mère, le service Penthièvre-Orléans, restauré et augmenté par Odiot et dispersé au XXème siècle.

Une des soupières à têtes de sanglier est conservée au Detroit Institute of Arts. L'autre a été vendue pour $ 10,3M incluant premium par Sotheby's le 13 novembre 1996.