7 sept. 2020

Choc de Cavaliers Arabes par Delacroix

VENTE PASSEE

Eugène Delacroix nourrissait sa fougue romantique avec un Levant imaginaire. En 1832 son voyage au Maroc, en Andalousie et en Algérie lui révèle la vraie vie et les couleurs chatoyantes de l'orientalisme. Il rapporte sept carnets de dessins et 800 feuilles qui l'inspireront pendant de nombreuses années.

En 1834 l'huile sur toile Femmes d'Alger dans leur appartement est le chef d'oeuvre de ce nouvel exotisme. Il reconstitue le salon d'un harem en mettant en scène des femmes de Paris habillées à la mode d'Alger. La peinture qui aborde indirectement le thème tabou de la prostitution est acceptée au Salon et aussitôt achetée par le Louvre. Picasso comparera ce mélange des genres à ses propres Demoiselles d'Avignon.

La même année, le Choc de cavaliers arabes est un souvenir d'une fête militaire. L'artiste montre le moment d'énergie exacerbée où deux cavaliers stoppent leurs chevaux en plein galop après avoir tiré le coup de fusil requis par la fantasia. Le thème ne séduit pas le jury parisien : cette oeuvre est rejetée par le Salon. Influencé directement par Géricault et Gros, Delacroix excellait dans la représentation des chevaux.

Cette huile sur toile 80 x 100 cm a été vendue par Piasa le 19 juin 1998 pour FF 51M, équivalant à € 7,7M, incluant premium, sur une estimation basse de FF 8M.

Le rejet par le Salon n'a pas découragé l'artiste : deux dessins autographes ont été réalisés en 1834 en sens inverse pour préparer l'édition lithographique. L'un d'eux, 18 x 25 cm, a été vendu pour € 39K incluant premium par Artcurial le 16 juin 2020.