5 sept. 2020

La Fête d'Anniversaire par Foujita

VENTE PASSEE

Foujita est à Montparnasse pendant les Années Folles. Il aime la vie mondaine, les femmes blanches, le champagne. Revenu au Japon dans les années 1930 il collabore successivement avec l'armée impériale et avec l'occupant américain. Sa situation devient intenable. En 1949 le général MacArthur parvient à le faire sortir du Japon.

Foujita séjourne pendant quelques mois à New York. Il comprend qu'il s'était fourvoyé et que l'art ne doit pas glorifier la guerre mais exprimer la paix et la beauté. Il prépare avec enthousiasme une exposition sur des thèmes nouveaux.

La figuration reste effectuée avec un trait fin dans le style Japonais. La mise en scène est inspirée par sa grande connaissance de l'art occidental. Les oeuvres incluent des symboles entremêlés qui côtoient des réminiscences personnelles.

Par exemple, Au Café, huile sur toile conservée au Centre Pompidou, suit l'Absinthe par Degas, les Folies Bergères par Manet et le Lapin Agile par Picasso. Derrière la vitre, le café d'en face est La Petite Madeleine, évoquant la danseuse du Casino de Paris qu'il avait emmenée au Japon et qui est morte d'une overdose à Tokyo en 1936.

Dans une série intitulée Hommage à La Fontaine, Foujita donne des attitudes et des expressions humaines à des figures zoomorphes. Le 11 octobre 2018 au lot 18, Bonhams a vendu pour £ 7,1M sur une estimation basse de £ 900K La Fête d'anniversaire, huile sur toile 77 x 102 cm. Fier de sa rapidité à produire un chef d'oeuvre, l'artiste a pris soin d'inscrire au verso le temps qu'il y a passé, 79 heures.

La scène évoque les banquets flamands et hollandais du XVIIème siècle. Autour de la table, les animaux sont heureux et un des chats est hilare. Comme dans le Paradis d'Isaïe, la différenciation des espèces ne les autorise pas à se manger entre eux : le repas est composé de poissons, de fruits et de gâteaux. Le cadre d'artiste 92 x 116 cm est illustré d'ustensiles de cuisine.

La figure d'une femme nue, dans le style reconnaissable de l'artiste, est clouée au mur. Elle est la seule forme entièrement humaine dans cette peinture que Foujita a humoristiquement re-signée à cet endroit.