10 sept. 2020

Le Traité de Bianqiao par Li Gonglin

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Li Gonglin, actif entre 1070 et 1095 CE, fut un des peintres les plus prolifiques de la période des Song du Nord. Son nom d'artiste était Li Longmian. Ses dessins étaient réalisés à l'encre noire sur papier sans ajout de couleurs. Il fut le mentor de Mi Fu.

Le Shiqu Baoji des Qing liste 107 de ses oeuvres, sur des thèmes très variés : confucéens, taoïstes, papillons, fleurs, paysages, portraits, chevaux. La minutie extrême du trait permet d'exprimer la diversité des personnalités dans un groupe.

Li a créé plusieurs oeuvres sur le thème de l'intervention de Guo Ziyi contre les Tibétains. A la déchéance de l'empereur Xuanzong des Tang en 756 CE, Guo combat contre les rebelles. Les Tibétains menacent d'envahir la Chine avec une puissante armée. Guo obtient le tribut décisif des Uighurs sans bataille, en apparaissant comme un revenant après la fausse annonce de sa mort. Il est le général qui n'a pas daigné devenir empereur.

Un dessin par Li conservé au National Palace Museum à Taipei illustre la négociation de Guo avec le chef Uighur en 765 CE. Les barbares se différencient des Chinois par leur visage déformé, leur gros nez, leur barbe mal taillée et leur costume bariolé.

Le 15 mars 2017, Christie's a vendu au lot 508 pour $ 17,6M incluant premium un rouleau à main 26 cm x 9 m par Li Gonglin intitulé le Traité de Bianqiao, qui est un autre exemple de cette interprétation ethnographique ancienne.

Dans la scène centrale, les barbares viennent négocier en deux groupes. Le groupe de gauche porte les étendards. L'autre inclut la cavalerie. Les guerriers portent leurs arcs débordant d'un carquois pendu à la ceinture. Devant et derrière eux le paysage est minimaliste dans le style de Su Shi. Le camp chinois est à gauche du rouleau. A la fin de l'histoire, des acrobates sur des chevaux volants célèbrent la victoire chinoise.