10 oct. 2020

La Tricherie du Zèbre

En 1964 un critique d'art désigne sous le nom d'Op Art l'application des illusions d'optique à l'art abstrait. L'année précédente avec son oeuvre séminale intitulée Continuum, Bridget Riley enfermait ses visiteurs à l'intérieur d'un mur spiralé décoré de denses réseaux de stries en noir et blanc. 

La perception visuelle n'est pas une simple application de la géométrie. On a récemment découvert que les rayures du zèbre lui servent à brouiller la vision des taons qui ne perçoivent plus leur distance à sa peau. Vasarely a utilisé dès 1938 cet effet. Dans une vue en deux dimensions, le contour séparant deux zèbres disparaît.

Riley étudie sur des esquisses l'effet visuel créé par l'espacement de ses éléments : le carré, la ligne droite ou ondulée, le zig zag. Inspirée par l'art de Pollock, elle ne modifie pas les formes aux limites. Elle sera plus tard une spécialiste de l'interprétation de Mondrian. A partir de 1967 elle brouille de façon similaire la perception des couleurs.

Une de ses dernières oeuvres en noir et blanc, peinte en 1966, montre une onde infiniment répétée sur une surface carrée. L'effet est extrême. Le spectateur voit de loin que les courbes sont parfaitement alignées dans la diagonale mais la perception des axes se transforme en une pulsation dé-focalisée quand il s'approche de l'image.

Cette oeuvre sur panneau 130 x 130 cm a été vendue pour £ 1,18M incluant premium par Sotheby's le 21 juin 2006 sur une estimation basse de £ 300K et pour £ 4,3M incluant premium par Christie's le 30 juin 2016 sur une estimation basse de £ 2,5M. Elle est estimée £ 5,5M à vendre par Sotheby's à Londres le 21 octobre, lot 123

L'art de Riley suscite depuis vingt ans un intérêt croissant, avec de nombreuses expositions.