2 oct. 2020

Réponse de Lincoln à la Pétition des Enfants

VENTE PASSEE

L'abolition de l'esclavage est la question majeure de la présidence de Lincoln et de la Guerre de Sécession. Proclamée par un executive order du 22 septembre 1862, elle est un acte politique basé sur l'interprétation que l'esclavage est une non-conformité par rapport à la Constitution des Etats-Unis. L'application prend du retard et les anti-esclavagistes s'impatientent.

Le Président recevait énormément de courrier qui était soigneusement traité par ses secrétaires. Au milieu des demandes de faveurs, il est ému par une lettre que lui a transmise en avril 1864 Charles Sumner, sénateur du Massachusetts, plus radical que lui pour une émancipation immédiate.

La lettre est une pétition d'enfants établie et annotée par Mrs Mann, une veuve qui avait fondé une école à Concord MA. 195 garçons et filles de moins de 18 ans ont inscrit leur nom sous un texte simple et court : "Children's Petition to the President asking him to free all the little slave children in this country".

Le Président prépare un brouillon autographe, qui est conservé à la Library of Congress. Il répond à Mrs Mann : "Please tell these little people I am very glad their young hearts are so full of just and generous sympathy, and that, while I have not the power to grant all they ask, I trust they will remember that God has, and that, as it seems, He wills to do it".

Cette lettre est très importante pour le Président, qui copie lui-même son brouillon sur une page 8 x 5 inches à en-tête de l'Executive Mansion à Washington. Datée du 5 avril 1864, la lettre est adressée à Mrs Mann à qui elle est transmise par les bons soins du Sénateur. Elle a été vendue pour $ 3,4M incluant premium par Sotheby's le 3 avril 2008, lot 85.

Le 20 avril, Mrs Mann remercie le Président de ses mots aimables à l'attention des enfants, pour qui elle va faire préparer des fac-similés remplaçant par précaution son nom à elle par l'identification du lieu d'origine, Concord MA. Elle insiste dans sa demande abolitionniste en interpelant courtoisement le Président : "You who can hasten it must be the happiest of men, for in saving the colored man you will feel that you are doing equal service to the white man".