7 nov. 2020

Dix Ans au Caire

Fils d'un graveur, John Frederick Lewis commence sa carrière comme un typique artiste voyageur anglais, captant les lieux et les moeurs par ses dessins et ses aquarelles. De plus en plus intéressé par la culture islamique, il s'établit au Caire en 1841. Il y passe dix ans, habilement intégré à la vie locale sans rompre avec la communauté britannique.

Ce sera son dernier voyage. Il a suffisamment d'esquisses pour continuer en Angleterre sa carrière de peintre. Il se souvient de l'ambiance cosmopolite du Caire de sa jeunesse, avant la modernisation par Ismail Pacha de la grande ville Ottomane. L'intérêt apporté par Lewis à la vraie vie orientale anticipe Bauernfeind.

Le bazar est un lieu de commerce, bien sûr, mais aussi de rencontres. Lewis se souvient du bezestein, un terme désignant le marché public où se vendent les marchandises les plus précieuses, dont les vêtements de soie et les étoffes brodées. Le grand bezestein du Caire est le Ghuriyyah, une extension Mamlouk du Bazaar d'El Khan Khalil.

Le 18 novembre à Londres, Christie's vend une vue de ce bazar, huile sur toile 116 x 88 cm peinte par Lewis en 1872, lot 12 estimé £ 3M.

L'allée étroite est une copie d'un dessin effectué par l'artiste pendant son séjour. Le très haut plafond vitré donne une impression d'opulence. Les hommes jouent de la musique, chantent, rient. Les instruments de musique Egyptiens et les tissus proviennent de la collection rapportée en Angleterre par l'artiste.

Pour son commerce, Lewis avait l'habitude de créer ses sujets simultanément à l'huile et à l'aquarelle. L'aquarelle de cette vue du bazar est conservée à la Cecil Higgins Art Gallery à Bedford, Angleterre.

Le Repas de midi au Caire, huile sur toile 88 x 114 cm peinte en 1875, est un autre exemple d'animation intense avec de nombreux personnages. Elle a été vendue pour £ 2,47M incluant premium par Christie's le 15 juin 2005.