22 déc. 2020

A Caipirinha par Tarsila

VENTE PASSEE

Tarsila do Amaral est à Paris en 1923. Elle est enthousiasmée par les envies cosmopolites des avant-gardes artistiques. Elle est la Brésilienne, et plus précisément une caipirinha. Les caipiras sont ces gens de la campagne tropicale qui font la risée des citadins par leur naïveté et par leur accent épouvantable.

Elle est influencée par le cubisme d'André Lhote, où les éléments figuratifs peu déformés sont répartis sur la toile sans considération de leurs distances respectives, avec une géométrie cloisonnée et des couleurs simples.

Le 17 décembre 2020, Bolsa de Arte a vendu A Caipirinha, huile sur toile 60 x 81 cm peinte par Tarsila à Paris en 1923, pour BRL 57,5M incluant premium, valant US $ 11,2M. Je vous invite à regarder la vidéo partagée par la maison de ventes.

L'artiste exprime le bonheur résolument optimiste de son enfance, quand elle fabriquait sa poupée avec les feuilles ramassées devant la ferme. Cette allusion n'est pas directement visible. Le personnage est adulte et la poupée n'est pas là, mais la feuille symbolique est au premier plan sous la main.

L'iconographie est audacieuse, avec des répétitions sans lien de signification. La main aux cinq doigts parallèles et la palissade aux six planches sont similaires. La porte de la grange de droite est copiée sur la gauche, où elle perd sa signification en passant devant l'arbre.

Dans la même période, Tarsila bouscule aussi les morphologies, sans toutefois se joindre aux surréalistes. Les allusions au Brésil rural parsèment toute son oeuvre, par les détails ethnologiques, la lumière tropicale, la vie à la ferme. Cet art résolument régionaliste anticipe l'école de Mexico.

Társila do Amaral Work at Center of Legal Dispute Sells for Record Price in Brazil https://t.co/lOT6cBhNZk