3 déc. 2020

La Blanchisseuse par Toulouse-Lautrec

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Henri, seul fils survivant du comte de Toulouse-Lautrec, a vécu son enfance dans les châteaux de sa famille. Il a envie d'être artiste et arrive à Paris en 1882. Il entre dans l'atelier de Fernand Cormon, un peintre et professeur très influent qui apporte une dimension psychologique à des scènes préhistoriques inspirées de la Légende des Siècles de Victor Hugo.

Toulouse-Lautrec suit son maître quand celui-ci installe son atelier près de Montmartre. Le jeune provincial est subjugué par la différence sociale entre sa famille et la vie humble et laborieuse des classes populaires. Cormon lui apprend à regarder les gens avec sensibilité.

Lautrec fréquente bientôt les cabarets de Montmartre. La mode est aux chansons réalistes dans lesquelles les innocentes jeunes filles sont guettées par les proxénètes pour la plus grande joie des bourgeois qui viennent s'encanailler dans ce monde de mauvaise vie, parmi les voleurs et les rapins.

Une autre mode pour les filles est aux cheveux teints en rouge, avec des chignons abondants. L'exemple le plus connu sera Casque d'Or, quelques années plus tard. En 1885 Lautrec écrit à sa mère qu'il peint le portrait d'une femme dont les cheveux sont d'un or absolu.

Il fait plusieurs esquisses de son nouveau modèle. Bien que très jeune, elle avait précédemment posé pour Alfred Stevens. Elle s'appelle Carmen. Son visage est très reconnaissable avec son nez retroussé, sa mâchoire carrée et les mèches qui tombent devant les yeux.

Lautrec réutilise ces portraits pour montrer "La Rousse" dans des scènes typiques de la vie des bas-fonds parisiens. La Blanchisseuse, huile sur toile 96 x 75 cm peinte en 1886 ou 1887, a été vendue pour $ 22,4M incluant premium par Christie's le 1er novembre 2005, lot 17. L'image est partagée par Wikimedia.

Le thème n'est pas innocent. Travaillant dans la chaleur, les filles sont vêtues de blouses légères qu'elles savent ôter pour gagner quelques sous. Elles ont une réputation de prostituées. Sous le Second Empire, elles étaient les principales modèles des photographies érotiques interdites par la police des moeurs.