29 déc. 2020

La Lumière Divine

Rembrandt n'a pas clairement défini son appartenance religieuse. Son inspiration mystique est Biblique et pas seulement Chrétienne, et il a de nombreux amis dans la communauté juive d'Amsterdam. L'absence des auréoles est un moyen de mettre sur un pied d'égalité l'Ancien et le Nouveau Testament. La lumière divine est le phénomène suprême.

Le 28 janvier à New York, Sotheby's vend une huile sur panneau 16 x 21 cm peinte en 1646 par Rembrandt sur le thème d'Abraham et les Anges, lot 9 estimé $ 20M. Elle illustre comme sur une scène de théâtre l'annonce faite à Abraham que Sarah aura un fils de lui dans l'année, Genèse 18: 1-15.

Le trait esquissé et le petit format appellent une comparaison avec les gravures mystiques du maître mais cette image n'a pas été éditée par l'artiste. La peinture a été vendue peu après sa création à un marchand. Elle inspirera plus tard une composition plus classique à Ferdinand Bol.

Devant son chêne, Abraham reçoit trois voyageurs à qui il présente le broc et le bassin pour le lavement des pieds. La scène nocturne est positionnée à l'instant précis où les invités dévoilent qu'ils sont des anges en déployant leurs ailes. Dans cette pénombre, toute la lumière émane de l'ange central, un jeune homme blond, prêt à révéler qu'il est Dieu.

Cet extrait de la Genèse est une parfaite description de l'obligation d'hospitalité dans l'antiquité Biblique. Rembrandt en a rassemblé les symboles, sans oublier Sarah qui attend les ordres sur le pas de la porte, ni le veau "tendre et bon" qui va être préparé pour le dîner. Cette assemblée est sympathique. Dans la Bible, l'Eternel se moque gentiment du désarroi de la vieille femme. Dans l'interprétation de Rembrandt, il est confortablement installé pour la collation.

En 2007 Lucian Freud a vécu pendant trois mois avec cette peinture. Il a conclu qu'il ne pourrait pas égaler Rembrandt.

Abraham and three angels by Rembrandt (1646, Aurora trust, NY)