10 janv. 2021

Apprentissage du Baroque

Tel que traitée par Rubens, une grande composition baroque est le résultat d'un processus itératif qui n'a rien de spontané. Les dessins préparatoires servent à définir la position la plus crédible du corps, parfois étudié dans sa nudité même si la version finale est habillée.

De 1617 à 1620, van Dyck fréquente assidument l'atelier de Rubens. Van Dyck est membre de la guilde de Saint-Luc à partir de 1618 et pourrait exercer de façon indépendante. La relation contractuelle entre les deux artistes n'est pas connue mais leur collaboration est extrêmement étroite. Les peintures finales ne sont pas une oeuvre commune mais chacun est libre d'utiliser le dessin de l'autre pour la préparation.

Le 27 janvier à New York, Sotheby's vend un dessin double face 37 x 23 cm par van Dyck, lot 23 estimé $ 2,5M.

Le recto est la figure à mi corps d'un homme habillé d'un pauvre manteau, réalisé aux craies noire et blanche avec quelques ajouts de craie rouge. Ce dessin est l'étude finale du vieil homme malade du Christ guérissant un paralytique peint deux fois par van Dyck vers 1619. Le profil du visage est dessiné en traits plus légers, selon la pratique de Rubens qui variait la densité pour mieux se concentrer sur l'objet principal d'une étude de mouvement.

Le verso mêle quatre dessins griffonnés par l'artiste, sans aucun lien de thèmes avec le recto. Ils ont été réalisés à l'encre brune avec une intention évidente de rapidité, pour tester quelques idées fugitives. La conjonction des deux faces est ainsi un intéressant témoin de la pratique artistique de van Dyck dans deux phases de préparation, à l'époque où Rubens le considère comme son meilleur élève.