11 févr. 2021

Acrobate et Jeune Arlequin par Picasso

VENTE PASSEE

Pendant la période bleue, Picasso hésite entre Barcelone et Paris. Son quatrième voyage à Paris, en avril 1904, est décisif. 

Le début de gloire Parisienne de 1901 est déjà bien loin. Un ami lui cède une place au Bateau-Lavoir, une cité d'artistes sur les flancs de la Butte Montmartre. Il y trouve des artistes émigrés, italiens et espagnols, qui ne parviennent pas à échapper à la misère et gagnent quelques sous en vendant leurs oeuvres à des brocanteurs.

Il a la volonté de s'en sortir. Cet atelier misérable devient son pied-à-terre d'où il se fait de nouveaux amis, dont Max Jacob. Il veut s'amuser et fréquente les boîtes de nuit et le cirque Medrano. Sa nouvelle muse, Fernande, remplace Germaine, la femme fatale qui avait repoussé Casagemas et dont l'influence directe sur Pablo n'a pas été dévoilée.

L'art tragique n'est pas une solution pérenne pour ce retour d'ambitions. Picasso observe que les clowns, chargés d'amuser le public, ont la même vie affamée que les artistes inconnus. Les acrobates et les saltimbanques prennent la place des prostituées de la période bleue dans l'univers de Pablo. Par un optimisme qui est sans doute forcé, il ajoute les enfants qui croient encore aux futurs plaisirs de leur vie.

En février 1905, Picasso prépare une exposition de quelques oeuvres sur le thème du cirque, qui fait suite à l'édition du Repas Frugal. Une aquarelle montre un acrobate adulte et un arlequin adolescent costumés pour entrer en scène. Ils sont sérieux et faméliques. Les couleurs chaudes annoncent l'entrée dans la période rose. 

Cette oeuvre a été vendue par Christie's le 28 novembre 1988 pour £ 21M, valant à l'époque $ 38,5M, incluant premium, sur une estimation basse de £ 10M. Elle est illustrée dans l'article publié après la vente par Judd Tully, le critique d'art du Washington Post.